Editorial, par Daniel Stoecklin, 18 novembre 2015

one child policyLe 29 octobre, le Comité central du parti communiste chinois a pris la décision de mettre un terme à la politique dite « de l’enfant unique » commencée en 1979. Cette politique connaissait déjà des exceptions à la règle, et les charges plus importantes liées à l’éducation des enfants en milieu urbain mettent en relief ce « relâchement » : il n’y a plus besoin de contrôler politiquement la fertilité puisque l’économie s’en charge. Mais c’est surtout le vieillissement de la population qui impose ce changement de cap. Il a fallu au moins une décennie pour que des démographes chinois puissent en convaincre les autorités1. La Chine est donc arrivée au bout de sa transition démographique (passage de hautes à basses fertilité et mortalité) mais avec des coûts humains très importants. Les observations finales relatives à la Chine que le Comité des droits de l’enfant a rédigées en 2013 nous en donnent un aperçu.

Discriminations à l’égard des filles et des enfants handicapés

Le Comité relève le problème de la discrimination à l’égard des filles, notamment les avortements sélectifs fondés sur le sexe, les infanticides et les abandons de filles (point 27). Le planning familial chinois est directement cité comme cause des infanticides, notamment de filles et d’enfants handicapés (point 33). Le Comité souligne par ailleurs que la politique de l’enfant unique a aussi encouragé la stigmatisation des enfants handicapés (point 58a).

Adoption

Le Comité « note avec une vive inquiétude que le nombre d’enfants enlevés, soumis à la traite et vendus chaque année, notamment aux fins d’adoption illégale, est estimé à plusieurs milliers. Il est particulièrement préoccupé par les informations indiquant que certains agents de la planification familiale contraignent des parents à abandonner leurs enfants lorsqu’ils dépassent les quotas de naissance fixés, et à les vendre ou à les placer dans des orphelinats locaux aux fins d’adoption nationale ou internationale ou de travail forcé » (point 56).

Enregistrement des naissances

Le Comité souligne que « les politiques actuelles de planification familiale relatives à l’enregistrement des naissances, y compris la délivrance de certificats de naissance et les incidences négatives des sanctions et pratiques financières et autres, ont un effet dissuasif considérable sur les parents et les tuteurs légaux, qui renoncent à enregistrer leurs enfants » (point 39a).

Il s’agit maintenant de voir quels impacts le changement de politique démographique va avoir. La réforme de la politique de planification familiale va désormais permettre un meilleur enregistrement des naissances à venir, mais va-t-elle permettre de réhabiliter aussi les millions d’enfants nés « hors-plan » ?

1 Voir notamment PENG Xizhe; Is it Time to Change China’s Population Policy?; 2004; Pg. 135-149; China: An International Journal; Vol. 2; N°1.

Image: IISG, 1986, Flickr/CC

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