30 ans Convention des droits de l'enfant - 50 ans Office éducatif itinérant



Editorial, par Astadjam Bamanga, 8 octobre 2015

educationLe droit à l’éducation est largement reconnu comme un droit essentiel au développement. Il est présent dans de nombreux instruments internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels, la Convention relative aux droits de l’enfant, ou encore dans la première Observation générale (2001) du Comité des droits de l’enfant. Il est généralement admis que l’éducation publique, laïque et démocratique moderne émerge au 19e siècle avec l’affirmation des États-nations en Occident, et se diffuse par la suite dans le reste du monde. L’État, et non plus les institutions religieuses, en est le principal garant. L’augmentation des établissements et offres d’enseignement privés croissante met à mal cette responsabilité étatique.

Les débats portant sur la privatisation de l’éducation sont, d’apparence, binaires. Ils opposent les partisans à une éducation gratuite et publique sous la responsabilité de l’État, à une vision plus libérale qui veut faire de l’éducation un bien de consommation comme un autre régi par les lois du marché.

En effet, d’une part, les défenseurs de l’enseignement public voient dans la privatisation la violation d’un des principes fondamentaux du droit à l’éducation : l’égalité des chances à travers la pratique de la non-discrimination dans l’accès à l’éducation.

D’autre part, les partisans de l’enseignement privé brandissent les arguments de la qualité et du libre choix des parents. La mise en concurrence des établissements scolaires devrait mener, selon eux, à une amélioration et diversification des prestations.

Les partenariats entre pouvoir public et secteur privé dans la gestion d’institutions éducatives font également partie de la discussion sur la privatisation de l’éducation. En effet, ce genre de partenariats est croissant depuis les années 80 sous l’impulsion d’organisations internationales telles qu’UNESCO, l’OCDE et l’OMC.

En réalité, la situation est souvent beaucoup plus complexe et variable selon les pays. En Suisse, l’enseignement public reste très largement majoritaire et les offres privées font plus office d’offres complémentaires que réellement alternatives.

S’il est vrai que la privatisation de l’éducation peut, de prime abord, sembler être un danger pour l’éducation et les principes qu’elle représente, il est également légitime de se demander si l’État, au 21e siècle, peut ou doit, seul, en porter la responsabilité.

NB : l'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Photo : woodleywonderworks, Studying in math class, 2012, Flickr/Creative Commons

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