30 ans Convention des droits de l'enfant - 50 ans Office éducatif itinérant



Extraits de l’argumentaire de la Soirée Sarah Oberson 2015 : « Etre enfant pauvre en Suisse », Clara Balestra, 24 septembre 2015

enfant oeufsSelon la Convention des droits de l’enfant (CDE), « tout enfant (a droit) à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social. » (art. 27.1) A ce sujet, en février 2015, « 65. Le Comité recommande à (la Suisse) de renforcer encore son système d’allocations et de prestations pour les familles de sorte que tous les enfants (...) aient un niveau de vie suffisant, dans l’ensemble du pays »

En Suisse, la classe d’âge des 0-17 ans est la plus touchée par la pauvreté, comme l’indiquent les statistiques de l’aide sociale de l’Office fédéral de la Statistique. Cette situation n’est pas nouvelle. En 2006, la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse tire la sonnette d’alarme en dénonçant la précarisation matérielle des enfants. La Suisse réagit. En 2010, le Conseil fédéral (CF) publie la Stratégie globale de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté. La priorité est clairement donnée aux enfants. En 2013, le CF approuve le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté 2014-2018.

Toutefois, le Conseil fédéral a choisi de ne pas considérer la prévention et la lutte contre la pauvreté sous l’angle des droits de l’enfant, allant à l’encontre de ses aspirations internationales (ratification CDE 1997). Cette méthodologie devrait être privilégiée non seulement pour des raisons de politique internationale, mais aussi parce qu’elle permet de prendre en compte tous les aspects du phénomène et de résoudre certaines faiblesses des réponses apportées.

D’une part, on assiste à une prolifération de programmes quinquennaux nationaux ayant comme objectif de porter des réponses à diverses problématiques touchant l’enfance (ex. programme jeunes et média); la CDE ne constitue pas une liste de règles à suivre, mais un ensemble de droits interdépendants et complémentaires à réaliser. « 11. Le Comité recommande à (la Suisse) d’élaborer et de mettre en œuvre (...) une politique et une stratégie nationale pour l’application intégrale des principes et des dispositions de la Convention, offrant ainsi un cadre pour les stratégies et plans cantonaux. »

D’autre part, on tend à ghettoïser la recherche de solutions. Il existe une interdépendance directe entre la société dans laquelle les enfants vivent et la réalisation de leurs droits. Les droits de l’enfant doivent être pris en considération dans toutes les décisions qui de près ou de loin touchent les enfants (économie, culture, politique...). Il s’agit de créer un « réflexe droits de l’enfant ». La problématique de la pauvreté des enfants pourrait ainsi être envisagée dans sa globalité.

Enfin, il faut souligner, dans les réponses suisses à la pauvreté, le manque de participation des enfants eux-mêmes. Les enfants ont le droit de participer à la connaissance, la compréhension et la recherche de solutions de ce phénomène, qui est en premier lieu leur quotidien et leur futur (art. 12, CDE). De plus, leur participation ne peut qu’augmenter les chances de réussite.

Le sujet vous intéresse ? Participez à la Soirée Sarah Oberson 2015 le 11 novembre de 19h à 21h au Casino de Saxon. Entrée libre !

Image: D Sharon Pruitt,  Flickr/Creative Commons

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