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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 16 septembre 2015

im braveEduquer l’enfant à partir d’une approche comportementaliste avec un intérêt tourné vers le bien-être et l’intelligence émotionnelle, concilier l’exigence avec l’épanouissement, ne pas confondre réussite avec bonheur, fournir des ressources plutôt que des limites, voilà très brièvement ce que propose l’éducation positive.

Ce mouvement anglo-saxon devenu tendance dans plusieurs pays d’Europe et ailleurs rempli les étagères des librairies ou l’internet avec une floraison d’ouvrages, de conférences, de stages et d’ateliers proposés sur ce thème.

En fait, l’éducation positive est une méthode qui lie la pédagogie aux découvertes en neurosciences concernant la plasticité du cerveau, à savoir que toute interaction avec un enfant produit un effet sur ses neurones.

Un enfant qui est stoppé net par l’autorité de son parent lorsqu’il a une crise de larmes peut arrêter de pleurer mais cela ne veut pas dire qu’il s’est calmé pour autant. La tempête électrique de son cerveau stoppée illico est refoulée et va ressortir tôt ou tard, puisque le cerveau émotionnel reste actif tandis que le cerveau frontal, celui qui permet de réfléchir et de décider, est resté inactif.

Depuis un siècle, les codes familiaux et sociaux de l’éducation n’ont cessé d’évoluer. La figure autoritaire du père de famille qui éduque son enfant pour qu’il devienne l’héritier de son patrimoine est en train de disparaître, confirme le sociologue Claude Martin.

Aujourd’hui, les parents et l’école cherchent des réponses pratiques et efficaces face à leurs difficultés à gérer les comportements de l’enfant, parfois excessifs et intenses en émotions négatives. Les crises des enfants, colère, pleurs, énervement, sont des réactions émotionnelles et physiologiques dont la fonction est de délivrer un message. Il y a un stress, un débordement d’énergie qui doit être entendu, accueilli et validé plutôt que puni, nié ou stoppé net.

Selon Isabelle Filliozat, « le sentiment d’identité se fonde sur la conscience de soi et de ses émotions. Si l’enfant n’a pas le droit d’exprimer ce qu’il ressent, si personne ne l’écoute dans ses larmes, dans ses rages, dans ses terreurs, ni valide ses sentiments, ni lui confirme que son ressenti est juste, alors il peut aller jusqu’à effacer la conscience de ce qu’il éprouve vraiment. Soit il ne ressent plus rien à l’intérieur de lui, soit il installe en lui une émotion autorisée à la place de sa vérité émotionnelle. »

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Image: Steven Depolo I'm Brave Kent County Girls on the Run April 06, 2010 (Flickr/Creative commons)