Editorial, par Daniel Stoecklin, 9 septembre 2015

conference ds capetownPlus de 200 délégués ont pris part à la 5e Conférence de la Société internationale des indicateurs de l'enfance qui a eu lieu du 2 au 4 septembre 2015 à l'Université de Cape Town. Chercheurs, praticiens, politiques et défenseurs des enfants du monde entier se sont réunis pour 3 jours afin de mettre en commun et discuter les dernières recherches sur les indicateurs de l'enfance et leurs implications pour les politiques et les interventions. La conférence a bénéficié de la présence de conférenciers de haut niveau, tel Dawit Mezmur, Président du Comité des droits de l'enfant de l'ONU.

Asher Ben-Arieh et ses collègues ont présenté les principaux résultats de l'étude de Children's worlds sur le bien-être subjectif des enfants, qui analyse des données récoltées, en plusieurs phases, auprès d'un total de 90.000 enfants de 21 pays. Ils ont fait usage d'échelles de satisfaction, d'échelles d'accord et des caractéristiques socio-démographiques pour comprendre comment le bien-être subjectif des enfants est lié à des facteurs sociaux, économiques, politiques, religieux et culturels au niveau des pays. Malgré la richesse des informations récoltées, le problème réside dans le fait qu'il y a peu de sources d'indicateurs couvrant tous les pays. La diversité des indicateurs (environ une centaine) rend les comparaisons internationales difficiles. D'autre part, la réduction de la complexité à quelques indicateurs socio-économiques majeurs aboutit à des explications « plutôt bizarres », comme l'a relevé Jonathan Bradshaw en montrant le lien positif entre inflation et bien-être...

Un niveau raisonnable d'analyses multivariées montre toutefois, et de façon surprenante, qu'il n'y a pas d'association claire entre les indicateurs monétaires du bien-être matériel au niveau national et le bien-être subjectif des enfants, comme cela a été mis en avant par Gill Main et d'autres. Ceci confirme l'importance des indicateurs de la pauvreté des enfants qui font appel à l'expérience directe des enfants et la nécessité d'un outil centré sur l'enfant et utile pour les comparaisons internationales. L'échantillon devrait aussi être plus représentatif, car ceux-ci font appel uniquement à des enfants scolarisés. Comme d'aucuns l'ont suggéré, il faut une meilleure connaissance des facteurs culturels. Ferran Casas a suggéré que les corrélations pourraient être spécifiques à la langue et au contexte.

Des idées perspicaces ont émergé du groupe sur les questions méthodologiques lors de recherches qualitatives multinationales sur la compréhension du bien-être par les enfants, organisées par Susann Fegter, Tobia Fattore & Christine Hunner-Kriesel. L'importance de la capacité d'action des enfants (agency), leur liberté de choisir et leurs relations ont été soulignés dans plusieurs cas de figure durant la conférence. Parmi d'autres, Gerry Redmond a appelé à plus d'études sur la manière dont les discours et les institutions excluent des gens ou réduisent la possibilité que leurs expériences soient rapportées. Se rapprocher des expériences des enfants dans la recherche est aussi respectueux du droit d'être entendu de ces derniers (art. 12 CDE). La mise en œuvre de la Convention des droits de l'enfant (CDE) fait certainement partie de la façon dont, de par le monde, comme l'a souligné la Sud-africaine Getting Shirley Pendlebury, « le bien-être est politiquement formaté »...

Photo : site Internet de la Conférence

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