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Editorial, par Laetitia Beney et Lirija Namani, 4 août 2015

emmaillotéAvant le 18e siècle, l’emmaillotement était une pratique populaire, traditionnelle et universelle. Utilisée pour ses effets positifs sur les pleurs du bébé, le sommeil et les coliques, celle-ci se veut bienveillante.

L’emmaillotement est une méthode qui consiste à envelopper le bébé dans un lange ou une couverture. Son utilisation diffère selon la durée, le tissu (étanchéité, nombre), le serrage (tout le corps, uniquement le haut du corps), l’âge du bébé et l’objectif poursuivi.

Cette tradition, laissée de côté dans les pays industrialisés, est encore pratiquée dans des pays tels que la Mongolie, certains pays d’Europe de l’Est, au Moyen-Orient, et ailleurs par certains groupes ethniques. Or, l’emmaillotement connaît aujourd’hui un nouvel essor dans des pays comme l’Angleterre, les États-Unis et les Pays-Bas.

À cet effet, plusieurs études mettent en lumière les avantages et désavantages de la pratique de l’emmaillotement. Celles-ci mettent en relation l’emmaillotement et ses effets sur le sommeil et l’éveil, la température, le développement moteur et osseux, les infections respiratoires, la mort subite du nourrisson, la dysplasie, les pleurs, l’allaitement, la prise du poids du nourrisson et le contrôle de la douleur.

Ces études suggèrent que l’emmaillotement, utilisé de manière inappropriée, comporte des risques pour l’enfant. Il est donc important que les professionnels concernés informent les parents sur la technique, les bénéfices et les risques de son utilisation. Ils devraient également les informer sur les alternatives, moins contraignantes, et qui n’entravent pas l’expression du nouveau-né, telles que la méthode peau à peau ou la méthode du portage.

Il est clair que l’intention du parent d’emmailloter ne vise pas la maltraitance. Or, alors que l’enfant naît pour découvrir le monde avec des sens plus développés que ceux des adultes, ces mêmes adultes emmaillotent leur enfant et le posent dans un lit pour leur confort sous prétexte de réduire les pleurs et les coliques et améliorer le sommeil. D’ailleurs, Rousseau (1966) écrivait déjà en 1762 :

« À peine l'enfant est-il sorti du sein de la mère, et à peine jouit-il de la liberté de mouvoir et d'étendre ses membres, qu'on lui donne de nouveaux liens. On l'emmaillote [...] » (p.43).

Après plusieurs centaines d’années d’argumentation en défaveur de l’emmaillotement, il tendait à disparaître dans notre société occidentale. Une question subsiste alors : à quoi devons-nous l’essor pour cette pratique aujourd’hui ? Est-ce lié à une volonté de retour aux sources, à un fonctionnement de la société où le temps prône l’efficacité, à l’intolérance aux pleurs ou encore au marché commercial ?

Cet éditorial a été rédigé sur la base d'un travail réalisé dans le cadre du Master interdisciplinaire en droits de l'enfant (MIDE). Consulter pdfl'article complet et les références bibliographiques.

NB : L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Image illustrative: Manueg2007, Emmailloté dans son lange, 2013, Flickr / Creative commons

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