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Editorial, par Clara Balestra, 17 juin 2015

En novembre 2014, le Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe expose dans un article les quatre grandes menaces pour les droits de l’enfant en Europe. « La pauvreté, qui frappe de plus en plus d’enfants », en fait partie. Il met en garde les Etats : « A long terme cette situation risque d’avoir des effets dévastateurs pour les sociétés européennes, puisque la pauvreté chronique subie durant l’enfance est l’une des principales causes de pauvreté et d’exclusion sociale à l’âge adulte. » (Bulletin suisse des droits de l’enfant, vol.21, N°1, Mars 2015, p. 7-8).

En effet, « les effets de la pauvreté et de l’appartenance à un milieu défavorisé sur l’enfant sont connus : mauvaise santé, développement physique compromis, progrès cognitifs et linguistiques faibles, résultats scolaires médiocres, troubles du comportement, voire même des risques de chômage et/ou de délinquance et/ou de toxicomanie à l’avenir. » (CSDH, 31 octobre 2012)

En Suisse, la classe d’âge des 0-17 ans est la plus touchée par la pauvreté, comme l’indiquent les statistiques de l’aide sociale de l’Office fédéral de la statistique. Alors que le taux d’aide sociale toutes catégories d’âge confondues est de 3.2, pour la catégorie 0-17 ans il est de 5.2 (données les plus récentes, 2013). Cette situation n’est pas nouvelle. En 2006, la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse tire la sonnette d’alarme en dénonçant la précarisation matérielle des enfants, «...près de 45% des personnes à l’aide sociale sont des enfants... ».

La Suisse réagit. En 2010, le Conseil fédéral publie la Stratégie globale de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté, dont les premiers chapitres traitent de la pauvreté des enfants. En 2013, il approuve le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté 2014-2018 : la Confédération joue désormais un rôle de soutien et de coordination; la compétence principale pour la lutte contre la pauvreté reste dans les mains des cantons, villes et communes.

Néanmoins, « selon Caritas (...), la Suisse compte quelque 260’000 enfants pauvres (janvier 2012). Circonstance aggravante : comme la mobilité sociale est très faible en Suisse de manière générale, cette pauvreté est également héréditaire. » (CSDH, 31 octobre 2012)

Selon l’étude mandatée par l’Etat du Valais, présentée le 1er juin 2015, « le coût de l’assistance sociale a plus que doublé en Valais entre 2011 et 2014 ». Selon M. Favre, Chef de l’Office cantonal de coordination des prestations sociales, « avec 27% des situations, les familles monoparentales sont surreprésentées. » Encore une fois, les enfants sont au centre de la problématique, dont la tendance est à la péjoration.

Lors de la Soirée Sarah Oberson 2015, le mercredi 11 novembre au Casino de Saxon, de 19h à 21h, la Fondation Sarah Oberson réfléchira avec des experts à la réalité quotidienne de ces enfants, aux conséquences de cette précarité sur leurs perspectives futures et à l’adéquation des réponses apportées.

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