Editorial, par Andressa Curry-Messer, 1er avril 2015

pollutionSelon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) 1,6 million d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année d'infection respiratoire. Au niveau mondial, 60% des infections respiratoires aiguës sont dues aux mauvaises conditions environnementales, comme par exemple les particules fines venues des centrales thermiques et de la circulation automobile.

Les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables aux effets nocifs de la pollution. Le système immunitaire des enfants est fragile et leur système respiratoire ne finit de grandir qu'à l'âge de 15 ans. Lorsqu'ils sont exposés à un niveau de pollution élevé, ils peuvent avoir plusieurs problèmes de santé allant de l'asthme, la toux, le rhume, l'allergie, la sinusite, la rhinite, la bronchite jusqu'à la mortalité.

Selon le docteur Eduardo Borges, spécialiste en médecine fœtale, les femmes enceintes sont aussi des personnes à plus grand risque, car la pollution atmosphérique peut affecter la croissance et la prise de poids de l'embryon et provoquer un accouchement prématuré. De surcroît, les nourrissons et les bébés risquent d'avoir des problèmes respiratoires, cérébraux, digestifs, cardiaques et du diabète.

Les habitants de Vitória, une ville fortement industrialisée dans l'Etat d'Espírito Santo, au Brésil, souffrent depuis des années d'une concentration de polluants dans l'air. La situation est tellement grave qu'au mois de février 2015, l'Assemblée législative locale a installé une Commission parlementaire d'enquête (CPI) afin de connaître quelle est la responsabilités des entreprises locales dans l'émission de poudre de minerai de fer et autres agents polluants dans l'atmosphère.

pollution 2Dans cette ville est installée l'entreprise multinationale Vale do Rio Doce, le leader mondial de l'extraction et de la transformation du minerai de fer ainsi que l'industrie sidérurgique française Arcellor Mittal, le premier producteur d'acier au monde. Deux géants économiques souvent pointés du doigt par la population comme les principaux responsables de la pollution locale. Leurs dirigeants seront convoqués afin de s'exprimer face à la CPI. D'autres entreprises ainsi que la grande augmentation de la flotte de voitures circulant dans la ville et alentours feront aussi l'objet de l'enquête.

Afin d'accomplir sa mission, la Commission parlementaire de la poudre noire (ainsi nommée par les médias) pourra compter avec la collaboration du Centre technologique de l'Université fédérale de l'Etat (UFES), des agences environnementales de l'État d'Espírito Santo (IEMA) et du Brésil (IBAMA), du Ministère public et des médecins.

Les études médicales ont déjà prouvé l'impact néfaste que la pollution a chez les enfants qui y sont exposés. C'est une atteinte à leur droit à la santé et au développement, un véritable problème de santé publique avec des coûts médicaux et hospitaliers importants. Des mesures rigoureuses doivent être prises pour éradiquer cette problématique et permettre à chaque être de respirer pour vivre et non pour être malade ou mourir.

Sources :

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