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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 4 février 2015

Le 20 décembre 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 67/146 « engage[ant] le système des Nations Unies, la société civile et tous les acteurs concernés à continuer de célébrer le 6 février la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines et à en saisir l'occasion pour intensifier les campagnes de sensibilisation et prendre des mesures concrètes contre les mutilations génitales féminines ».

Les mutilations génitales féminines font partie des pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé physique et psychique des femmes et des jeunes filles. Ces pratiques parfois mortelles comportent l'ablation de tissus génitaux normaux et sains, endommageant ou empêchant le fonctionnement normal de l'organe féminin.

Issue de divers facteurs culturels, religieux et sociaux au sein des familles et des communautés, la problématique des MGF touche largement les pays africains, certains pays asiatiques et du Moyen-orient ainsi que certaines communautés d'immigrants en Amérique du Nord et en Europe. On estime que plus de 125 millions de jeunes filles et de femmes ont été victimes de mutilations sexuelles et qu'environ 86 millions de jeunes filles risquent d'être victimes de mutilations sexuelles d'ici à 2030. La population la plus exposée reste les fillettes, entre leur jour de naissance et l'âge de 15 ans. Néanmoins, certaines femmes adultes n'y échappent pas, notamment avant leur mariage ou juste avant leur accouchement.

Depuis 1997, des actions ont été entreprises pour lutter contre les mutilations sexuelles féminines. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) ont publié une déclaration contre la pratique des mutilations sexuelles féminines. En 2008, une nouvelle déclaration soutenue par dix institutions des Nations Unies a apporté de nouveaux éléments en faveur de l'abandon des mutilations génitales féminines.

Plusieurs législations internationales et régionales prévoient des articles concernant la problématique. La Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (CDE) de 1989, dans son article 24, alinéa 3, dispose expressément les Etats parties de « prendre toutes les mesures efficaces appropriées en vue d'abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants ». Cet article est aussi renforcé par l'art. 19 relatif à la protection contre toute forme de violence physique et mentale et par l'art. 2 sur la non-discrimination. Le Comité des droits de l'enfant condamne cette pratique dans les Observations finales sur les rapports étatiques et dans les Observations générales lorsqu'il y a un lien avec le phénomène.

En Suisse, la mutilation génitale est explicitement sanctionnée par l'article 124 du Code pénal. Les excisions et autres mutilations génitales sur les femmes sont punissables, même si ces dernières ont été commises dans un autre pays où elles ne sont pas légalement répréhensibles. L'Institut international des droits de l'enfant (IDE) s'implique également dans le combat de cette pratique par des recherches, des publications, par un court métrage et par le plaidoyer auprès des politiques suisses. Il a aussi organisé un Séminaire international sur les Pratiques préjudiciables et droits humains, en 2010.

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