Editorial, par Marc Rossier, Chef de l'Office cantonal de la Protection de l'Enfance (OPE) du Valais, 14 janvier 2015 

Texte intégral disponible sur le blog de la Fondation Sarah Oberson.

« En Suisse, un mariage sur deux se termine par un divorce et cela concerne chaque année environ 13'000 enfants. Des adaptations importantes du droit de la famille en Suisse ont été réalisées. Elles permettent aujourd'hui de mieux encadrer ces changements sociétaux comme par exemple l'exhortation envers les parents de faire appel à une médiation familiale pour régler l'organisation de la séparation ou le principe de l'autorité parentale conjointe. »

« Si dans la majorité des séparations, la transition et la nouvelle organisation de vie pour les enfants se déroulent sans difficultés majeures, force est de constater sur le terrain de la protection de l'enfance, que l'impact de certains conflits parentaux peuvent compromettre gravement le développement des enfants impliqués et pour certains se révéler dramatiques (enlèvement, suicide, meurtre). »

« Comme l'expliquent Thayer et Zimmerman*, le conflit parental peut atteindre parfois une telle force de captation que les parents continuent de se quereller alors que les enfants se débattent seuls avec leur propre développement. C'est comme si un enfant était en train de se noyer au milieu du lac alors que les parents sont sur le quai. Plutôt que de sauter à l'eau, ils se querellent à propos de qui est coupable de ce qui arrive, qui devrait ou non lancer la bouée de sauvetage à l'enfant ou lequel est le plus apte à le sauver. Le drame est que pendant qu'ils se bagarrent, leur enfant se noie !

Dans des cas extrêmes, les enfants sont devenus l'instrument d'une véritable « bataille » judiciaire. Dans ce contexte, les autorités sont amenées à devoir prendre des décisions tranchées au terme d'une procédure interminable en s'appuyant sur les recommandations d'experts et des services de protection de l'enfance. Même s'il ne fait aucun doute qu'il s'agit dans certains cas de la seule voie possible pour protéger au mieux l'enfant, notamment dans les situations de maltraitance avérée, le constat est que les parents délèguent de plus en plus aux tribunaux le soin de déterminer à leur place leurs responsabilités parentales futures dans une logique de gagnant/perdant, ce qui engendre après coup beaucoup de souffrance et de sentiments d'injustice. En fait, personne n'y gagne au final car les conséquences de la lutte peuvent être dévastatrices pour tout le monde, en particulier pour les enfants si on prend la peine d'entendre leur position. »

« Alors comment soutenir au mieux les parents en conflit afin de garantir à leur enfant qu'il puisse continuer à bénéficier d'une relation affective vivante et d'un soutien éducatif indispensable à sa construction mais aussi à les aimer librement indépendamment de leur relation ? »

M. Rossier, dans son exposé, propose plusieurs projets et instruments - déjà existants ou qui se profilent dans un futur proche - qui peuvent aider ces parents à reprendre en main leurs responsabilités parentales.

*Thayer, Zimmerman, Conflits parentaux, après une séparation, Broquet, 2008, p. 57

NB : L'éditorial ne reflète pas forcément les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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