Editorial, par Jean Zermatten, 31 décembre 2014

C'est en automne 1994 que l'idée de faire des droits de l'enfant un objet d'études académiques a émergé pour la première fois, à Sion/Bramois, sans grand succès. A ce moment, la Convention relative aux droits de l'enfant n'avait que quelques années et ses vagissements de nouveau-né étaient largement ignorés ! Donc pas très étonnant que personne ne se précipite pour soutenir une initiative si saugrenue...

Pourtant, une année plus tard, en 1995, quelques pionniers, plutôt tenaces, décidèrent de donner une voix aux enfants et de créer la Fondation de l'Institut international des droits de l'enfant, avec pour visées de faire connaître la Convention, de la diffuser et d'en expliquer le contenu. Cette belle idée se concrétisa petit à petit et se transforma progressivement en conviction profonde que la formation des professionnels était probablement la clé de l'application des droits de l'enfant, l'instrument opérationnel de leur respect. De manière plus complexe : que le sort des enfants pouvait s'en trouver changé. Les droits de l'enfant avaient trouvé une voie !

Aujourd'hui, à fin 2014, l'Institut IDE existe toujours, s'est développé, a précisé son action, a évalué son fonctionnement et sa gouvernance et a décidé de sa stratégie pour la période 2015 à 2018. Son Conseil de Fondation a aussi pris les décisions opportunes pour assurer la continuité et nommé Mme Paola Riva Gapany comme Directrice à partir du premier janvier 2015. Le directeur-fondateur rentre dans le rang.

Il ne faut pas jeter un regard nostalgique sur le passé ; il faut surtout voir les progrès accomplis, les défis encore à relever ; et surtout les besoins énormes en matière de formation. Ce qui a été réussi, c'est d'amener les gouvernements, les grandes organisations internationales, onusiennes ou non, à prendre conscience que sans formation, sans renforcement des ressources humaines, sans langage commun partagé, sans valeurs reconnues universellement, les obligations prises au titre de la Convention seraient très difficiles à remplir. Dès lors, de nombreuses universités ou Hautes Ecoles découvrent les droits de l'enfant et ouvrent des filières pour les acteurs du domaine. Cela est très réjouissant et l'IDE est très heureux d'avoir, avec d'autres, déclenché ce mouvement.

L'IDE dans le futur va poursuivre sa mission et a décidé d'une stratégie ambitieuse à la fois à l'étranger, par le développement de Certificats en droits de l'enfant, en Chine, en Afrique de l'Ouest, en Asie du Sud-Est mais aussi en répondant à de nombreuses sollicitations de différents partenaires (Etats ou ONGs) pour des formations « sur mesure »; à la fois en Suisse, par la collaboration étroite avec le Centre interfacultaire en droits de l'enfant (CIDE) de l'UNIGE, pour la poursuite de formations continues existantes et pour le lancement de nouveaux projets, qui sont déjà foison.

L'application complète, sage et respectueuse des droits de l'enfant reste un défi pour les Etats, les ONGs, les adultes... et les enfants considérés comme acteurs de leur futur. Au moment où une nouvelle direction reprend les rênes de l'IDE, il ne fait pas de doute que cet Institut poursuivra sa mission, en collaboration avec tous les partenaires de bonne volonté, tant il est vrai que rien ne se fait jamais seul.

Tous mes vœux accompagnent donc la nouvelle équipe de l'IDE pour un 2015 serein et fructueux.... et pour de nombreuses autres années, car je reste persuadé que les enfants ont besoin de l'action de fond et de la réflexion fondamentale d'une telle organisation !

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