30 ans Convention des droits de l'enfant - 50 ans Office éducatif itinérant



Editorial, par Daniel Stoecklin, 26 novembre 2014

Alors que nous avons fêté les 25 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant, se pose toujours une question persistante : comment informer au mieux les enfants sur leurs droits ? Le droit à l'information (art. 17 CDE) enjoint à garantir une information qui vise à promouvoir le bien-être social, spirituel et moral de l'enfant ainsi que sa santé physique et mentale. Des questions aussi cruciales et d'actualité que de savoir comment se transmet la maladie d'Ebola doivent être traitées avec la plus grande transparence. Bien sûr, de nombreuses sources sont accessibles pour l'information concernant cette maladie. Mais souvent les explications ne sont pas à la portée des enfants. Il s'agit en effet d'adapter le langage à leur niveau et cela requiert beaucoup d'efforts, car qui dit enfants dit aussi un large spectre de capacités cognitives. Pour un enfant de 6 ans ou un enfant de 12 ans, les messages doivent être différenciés. On peut rappeler que le virus d'Ebola ne se transmet pas par l'air (comme la grippe) ni par les moustiques, pas plus qu'en échangeant de l'argent ou des marchandises. On peut informer sur les modes de propagation du virus, à savoir qu'il se transmet par le sang, la salive, etc. et également si on touche les vêtements ou les objets des malades.

Cependant, si les données objectives, issues de l'expertise médicale en la matière, sont déjà difficiles à adapter dans un langage permettant à des enfants de tous âges de les comprendre, qu'en est-il d'informations sur des questions plus complexes, donnant lieu à des explications orientées et à des interprétations partisanes ? Comment expliquer ce qu'est un paradis fiscal à un enfant de 10 ans qui pose la question ? Un site propose des réponses à ce genre de questions, en ayant recours à des animations. Il montre de façon assez claire comment des individus et/ou des entreprises peuvent échapper à l'impôt en déposant leur argent dans un paradis fiscal. Les acteurs de ces opérations, notamment les banques, y sont décrits sous des traits qui peuvent susciter la surprise chez des enfants encore naïfs et ayant peut-être un parent qui y travaille...

Dès lors, la difficulté à fournir aux enfants une information adaptée à leur âge n'est pas simplement une question de niveau de langage mais de niveau de transparence auquel on est prêt devant les enfants. Cela nous replace devant un dilemme fondamental qui est toujours aussi actuel après 25 ans de mise en œuvre de la CDE : faut-il tout dire aux enfants quitte à les désillusionner un peu (trop) rapidement et ainsi les « priver » en quelque sorte du « repos » auquel ils ont droit (art. 31 CDE) ? Ou faut-il préserver leur insouciance et donc aussi leur « repos » et bien-être présent en les « privant » d'informations importantes pour leur bien-être à venir ? Les informations à diffuser et à adapter pour les enfants feront toujours l'objet d'un choix politique. Ce qui est adapté est toujours négocié et négociable. C'est d'ailleurs ce qui fait de la CDE un instrument dynamique.

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