Editorial, par Andressa Curry-Messer, 12 novembre 2014

Le 14 octobre dernier, lors de la Conférence annuelle de la Division Sécurité humaine (DSH) du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la Suisse s'est engagée davantage dans la protection des enfants dans les conflits armés. Le président de la Confédération, M. Didier Burkhalter, a présenté le nouveau plan d'action pour protéger les enfants soldats.

Il est difficile de croire qu'au 21ème siècle, on estime qu'au moins 250'000 enfants de moins de 18 ans, dont 40% de filles, sont actifs dans des forces armées étatiques ou des groupes armés. C'est pourtant la vérité et la raison pour laquelle la communauté internationale, et tout particulièrement la Suisse, souhaite une application plus effective et systématique des normes existantes.

Actuellement, le cadre légal protégeant les enfants dans les conflits armés consiste en principes et dispositions juridiques énoncés dans les Conventions de Genève (1949) et leurs Protocoles additionnels (1977), la Convention relative aux droits de l'enfant (1989) et son Protocole facultatif concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés (2000), et le Statut de Rome (1998) de la Cour pénale internationale. Il y a également les dispositions de la Convention no 182 (1999) de l'Organisation internationale du travail ainsi que la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (2006) - le seul instrument régional au monde qui traite de la question des enfants soldats.

Malgré cet apparat juridique, des enfants sont encore enlevés ou enrôlés de force ou alors se portent volontaires, poussés par une promesse de vie meilleure ou par un désir personnel de vengeance contre ceux qui ont commis des violences auparavant contre eux ou leur famille. En vérité, ils tombent dans un cercle de violence qui les éloigne profondément de toute opportunité d'accéder à leurs droits.

Par un plan d'action, la Suisse souhaite lutter contre ce fléau en mettant l'accent sur les points suivants :

  • Le respect des normes internationales existantes en matière de protection des enfants par les Etats et les groupes non étatiques
  • Une mobilisation renforcée pour la protection des enfants sur le plan multilatéral, notamment dans le cadre de l'ONU
  • Une offre de programmes de rétablissement psychique et physique des anciens enfants soldats ainsi que leur intégration sociale dans les régions de conflit et les contextes fragiles
  • Un renforcement de la lutte contre l'impunité et le soutien à la Cour pénale internationale

En guise de conclusion, le message de la Suisse et de tous les participants à cette Conférence, y compris des jeunes présents, est de construire un monde de dignité et de paix pour les enfants susceptibles de participer ou participant déjà à des conflits armés par les moyens existants ainsi que par une nouvelle action encore plus consciente, partagée et efficace.

Consulter le communiqué de presse et télécharger le plan d'action.

Crédit photo de la page d'accueil : Pierre Holz/UNICEF, A rebel's child, RCA, 2007 (Creative Commons)

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