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Editorial, par Clara Balestra, Fondation Sarah Oberson, 24 septembre 2014

Comment éviter que la séparation des parents ne finisse en drame pour les enfants ? En Suisse, le 43% des mariages se soldent par un divorce : on estime à 12'700 les enfants concernés, sans compter les séparations hors mariage. La majorité des situations se règlent de manière « civilisée ». Les cas de divorce litigieux ne représenteraient que le 10%. Il n'en reste pas moins que, dans bien des cas, séparation rime avec paupérisation. Aussi, au sein des cas litigieux, des exemples extrêmes existent. Durant l'année 2013, la Suisse a enregistré 106 nouveaux cas d'enlèvements parentaux internationaux. D'autre part, les médias nous informent régulièrement de cas d'homicides d'enfants perpétrés par l'un des parents, qui tente par la suite de se suicider.
Les enfants paient parfois un prix exorbitant la séparation de leurs parents.

Est-ce que la société et ses normes auraient un rôle à jouer pour prévenir les séparations conflictuelles ?

En Suisse, les conditions socio-économiques - de manière prépondérante - et culturelles font que la mère prend en charge la majorité de la responsabilité parentale, alors que le père reste le pourvoyeur financier principal. D'une part, « ...on constate qu'une répartition de l'activité lucrative entre les deux membres du couple n'est pas toujours intéressante. Autrement dit, le modèle du couple à salaire unique reste plus avantageux. » L'offre de conditions de conciliation vie professionnelle / familiale fait partie de cette équation. D'autre part, l'idée culturellement dominante que « plus on accorde de l'importance (à la famille) moins on est ouvert à partager (sa) prise en charge », renforce ce schéma. Ainsi, « ...l'homme ne diminue pas ses revenus, au contraire la femme les réduit de CHF 1'005.- par mois (moyenne suisse), pour laisser le travail à plein temps. »

Si les inégalités de responsabilités parentales et économiques « dans la famille unitaire (sont) généralement occultées (en faveur de la poursuite d'un but commun), cela pourrait ne plus être le cas dans la séparation. » Selon Modak, le passage d'une famille unie à une famille séparée et fonctionnelle, où l'enfant peut s'épanouir, « ne peut sans doute que se construire en amont, avec une égalisation des conditions parentales, professionnelles et familiales, dans la famille indivisée et dans le marché du travail. »

En conclusion, si on constate une banalisation de la séparation de par le nombre, l'institution familiale et les normes socio-économiques et culturelles en vigueur continuent de soutenir l'image d'une famille traditionnelle viable à long terme. Cette dichotomie ne permet pas de prévenir les difficultés subies par les enfants de familles séparées, telle que leur paupérisation. Ces complications exacerbent les conflits entre les ex-partenaires, qui portent parfois à des épisodes violents.

La séparation reste une démarche privée. La société possède cependant une bonne marge de manœuvre qui permettrait d'adoucir ses conséquences sur les enfants impliqués.

Voir aussi : Site Internet de la Fondation Sarah Oberson et références, sur son blog.

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