Editorial, par Daniel Stoecklin, 18 juin 2014

Le réseau de recherche Sociologie de l'enfant et de l'enfance de l'Association européenne de sociologie a tenu sa rencontre intermédiaire du 21 au 23 Mai 2014. Le symposium a eu lieu à l'université de Modène et Reggio Emilia (Italie). 30 participants sont intervenus et ont débattu sur le thème « Sociologie de l'enfance ;– Les théories de l'enfance : citoyenneté, droits, participation ». Le défi de la théorisation de l'enfance, en particulier de ces trois domaines, a été abordé sous diverses perspectives et du point de vue de divers terrains.

En se focalisant sur les actions, les compétences et les points de vue des enfants, les présentations ont traité des théories sociologiques classiques et de nouvelles directions dans les théories sociologiques de l'enfance, des concepts de temporalité et de spatialité dans la théorisation de l'enfance, des théorisations de l'identité culturelle et de la citoyenneté appliquée aux enfants, des théories des droits, inégalités et injustices dans l'enfance, des théories de la participation des enfants dans des contextes institutionnels et informels, des théorisations autour du genre et de l'ethnicité appliqués aux enfants et du rôle de la théorie dans le travail interdisciplinaire sur l'enfance.

Par les temps qui courent, où la pression est forte pour des solutions rapides et durables concernant les enfants, il est bon de rappeler la nécessité de débattre ouvertement de questions complexes, tout en questionnant les hypothèses de base. L'une d'entre elles, qui dans un sens était transversale, même si elle n'est ressortie que légèrement des présentations, est l'hypothèse de la société comme une entité entourant les individus. Que ce soient les générations, internet, les familles ou le travail, toutes ces « réalités » sociales sont souvent, si ce n'est toujours, pensées comme situées « autour » du noyau individuel. Défiant cette vision d'acteurs ancrés dans des structures, il pourrait être utile de voir les choses dans l'autre sens : les structures sont le résultat de la façon dont les acteurs appréhendent le monde.

Ceci fait une différence de taille lorsqu'on pense les droits de l'enfant : les enfants ne « tombent pas » seulement dedans à la naissance, comme dans un environnement indiscutable. Les dispositions contenues dans la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant doivent plutôt être vues comme des arrangements inscrits dans les relations sociales passées et orientant les relations futures. En d'autres termes, les problèmes des enfants sont ancrés dans des dynamiques sociales tournant autour de la façon dont le monde est défini. Le thème des droits de l'enfant est donc une question d'intersubjectivité et d'effets de visions dominantes. Cela explique pourquoi certains problèmes des enfants obtiennent plus d'attention que d'autres et suggère que les droits de l'enfant devraient et pourraient évoluer pour intégrer davantage les vues des enfants eux-mêmes.

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