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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 28 mai 2014

Plusieurs recherches scientifiques - particulièrement celle conduite par le professeur de psychologie et de la science cognitive, M. Paul Bloom, aidé de son équipe de l’Université de Yale, aux Etats Unis - ont découvert que les enfants présentent une moralité naturelle à partir de leurs premiers mois de vie.

Selon le professeur Bloom, « c’est probablement la première fois dans l’histoire que nous avons des réponses scientifiques sur la question de la moralité dans la petite enfance. Les enfants sont nés avec l’empathie, la compassion, la capacité de juger les actions d’autrui et ils ont une compréhension élémentaire de ce qui est juste et injuste. »

Dans cette étude, publiée en 2013 dans le livre « Just Babies: The Origins of Good and Evil » les chercheurs ont utilisé comme méthode trois marionnettes en situations d’entraide ou d’entrave les unes envers les autres. La première marionnette essaye d’ouvrir une boîte mais n’y arrive pas toute seule; la deuxième vient à son aide, alors qu’une troisième se précipite sur le couvercle en empêchant son ouverture. Les bébés regardaient ces comportements, puis les scientifiques observaient avec quelles marionnettes les bébés voulaient interagir, lesquelles ils voulaient récompenser ou punir.

Conclusion : dans presque 100% des cas, les enfants ont préféré jouer et câliner les deux premières marionnettes « gentilles » et ont décidé de punir la « méchante » en la privant de manger. Les chercheurs ont découvert que même les bébés de trois mois avaient une capacité morale de jugement. Malgré leur incapacité à s’exprimer de manière orale et leur manque de coordination motrice, leur regard fuyait la marionnette au mauvais comportement et se fixait sur celle qui agissait avec gentillesse.

Cette recherche révèle aussi une capacité de discernement frappante de la part des enfants dès leur plus jeune âge. Ceci, ainsi que tant d’autres études du domaine de la neuroscience sociale du développement cognitif, vient renforcer et élargir les interprétations de l’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Selon cet article, les enfants ont le droit d’exprimer librement leur opinion sur toute question les intéressant en fonction de leur capacité de discernement et leurs opinions doivent être prises en considération. Ce qui veut dire, entre autres, que les enfants ont légalement une place pour interagir activement avec les adultes dans la construction des rapports humains et d’un monde meilleur. Il faudrait donc que les adultes arrêtent de les influencer par leurs jugements moraux si biaisés, parfois empoisonnés par toutes sortes de préjugés, et les laissent nous apprendre ce qu’ils connaissent naturellement depuis leur naissance : la compassion et la solidarité.

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