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Rencontres sur la participation de l'enfant - 13 et 14 novembre 2018 - Genève

Le 30 avril est consacré «No hitting Day» ou Journée de l'éducation non-violente à l'international. Les milieux spécialisés s'entendent pour dire qu'une éducation fondée sur la «violence ordinaire» (parmi d'autres: fessées, gifles, cris, humiliations) est inefficace sur le plan pédagogique et lourde de conséquences, autant pour les enfants concernés (développement) que pour les adultes qu'ils deviendront. Les châtiments reçus entraînent une logique de violence comme seule option de résolution des conflits avec autrui ou soi-même, dont il est extrêmement difficile de se défaire.

Au niveau européen, 33 pays ont expressément interdit dans la législation pénale et/ou civile tout usage du châtiment corporel et autre forme, physique ou psychologique, de traitement dégradant. En Suisse, une telle interdiction explicite des châtiments à titre éducatif n'a toujours pas été ancrée dans la loi et la position de l'Etat ne fait pas mine de vouloir évoluer. Les corrections légères auraient une influence positive, le cadre juridique actuel serait suffisant et les procédures judiciaires liées à l'interdiction des châtiments corporels mettraient en péril la sphère privée familiale, au détriment des enfants.

Dans un article à paraître le 30 avril sur le site REISO, la directrice de l'IDE Paola Riva Gapany déconstruit ces arguments invoqués dans le contexte helvétique. Pour ce qui concerne la protection juridique existante, elle comporte bien des lacunes, notamment lorsque les violences n'entraînent pas de blessures visibles et sont occasionnelles. Le Tribunal fédéral invoque des conditions dans lesquelles un «droit de légères corrections» des parents pourrait s'inscrire, tout en évitant de trancher si ce droit existe... A l'ONU par contre, la Suisse a été invitée de façon répétée par le Comité des droits de l'enfant et le Conseil des droits de l'homme à adopter une base légale claire et complète en la matière, et à intensifier la sensibilisation.

En définitive, c'est bien un changement de mentalité qui doit s'opérer, les formes d'éducation relevant de la violence et les alternatives existantes étant mal connues des parents et socialement largement acceptées en Suisse.

Ces questions seront discutées et des recommandations formulées les 3 et 4 mai à Berne à l'occasion du colloque «Pour mieux protéger les enfants en Suisse: interdire les châtiments corporels?», organisé par le Centre interfacultaire en droits de l'enfant de l'Université de Genève, Le Centre suisse de compétence pour les droits humaines, l'IDE, la HEP Valais, la HES-SO Valais et le Service cantonal valaisan de la jeunesse.

Informations et inscriptions: www.unige.ch/cide

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