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Editorial, par Christelle Richner et Amandine Boissard, étudiantes du MIDE

2018 04 13 ED depressionAnxiété, irritabilité, tristesse, grand sentiment de solitude, manque d’envie, d’intérêt ou de plaisir dans le quotidien, culpabilité, impression d’être un mauvais parent voire idées suicidaires sont autant de signes survenant l’année qui suit l’accouchement. Persistant durant plusieurs semaines ou années, ils peuvent indiquer une dépression postnatale; maladie à intensité variable à ne pas confondre avec le baby blues ou la psychose du postpartum.

Contrairement aux idées préconçues, cette pathologie ne touche pas seulement les mères (10 à 15%) mais aussi les pères (4 à 25%), qui ne sont pas épargnés par cette réalité alors même qu’il n’est plus à démontrer que ces derniers jouent un rôle central pour l’enfant et dans la relation mère-enfant.

Quels impacts sur l’enfant, alors? La dépression postnatale maternelle et/ou paternelle peut avoir une incidence durable sur l’enfant et être un facteur de risque pour son développement, entraînant parfois des psychopathologies ultérieures. Des recherches récentes soulignent un risque davantage élevé de stress familial, de manque de lien et de psychopathologie de l’enfant plus tard, tels que les problèmes émotionnels, les troubles de la conduite et de l’hyperactivité. Pour limiter son impact sur le développement de l’enfant, les parents doivent être mieux informés, et une prise en charge de ce trouble proposée précocement à ceux qui en ont besoin. Cela rejoint l’article 24 de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), qui mentionne que «les Etats parties prennent les mesures appropriées pour assurer aux mères des soins prénatals et postnatals appropriés».

Néanmoins, toute la difficulté réside dans le fait qu’on ne veille pas de la même manière sur chacun des parents. L'attention est souvent centrée sur la relation dyadique mère-enfant, laissant pour compte les pères, pour qui il serait nécessaire d’apporter une reconnaissance et un soutien accru dans tout ce qui a trait à la natalité. Cela devrait commencer par les textes officiels, tels que la CDE, dont les dispositions devraient, à notre sens, être étendues aux pères. En tant que figure parentale et au même titre que la mère, il peut en effet garantir et assurer le développement harmonieux de l’enfant, voire pallier à la négligence, conséquence possible mais non systématique de cette pathologie.

Il demeure toutefois important de rester extrêmement prudent quant aux corrélations trop hâtives faites par certains auteurs entre dépression postnatale et développement dysharmonieux ou négligences envers l’enfant. Effectivement, selon l’environnement dans lequel vit le parent affecté, ses ressources et son réseau, les impacts de sa dépression peuvent varier considérablement. Les facteurs de risque et de protection sont alors à considérer pour limiter la négligence envers l’enfant. La probabilité de parentage inapproprié pour l’enfant augmente lorsque les deux parents sont touchés par la dépression, mais peut diminuer voire s’éteindre si l’un des parents ne l’est pas et joue un rôle de «tampon», favorisant la résilience.

pdfArticle complet et références bibliographiques.

Photo: Petra Bensted, flickr/creative commons

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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