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Histoires d'enfants en Valais de 1815 à 2015

Editorial, par Andressa Curry-Messer, 2 février 2018

2018 02 02 kampala slumC’est une rue de terre rouge, dans le ghetto de Kampala, la capitale de l’Ouganda. Devant la caméra de Dauda, animateur de rue, 5 enfants âgés de 9 à 13 ans dansent, en guenilles. Ce qu’aucun d’eux ne sait alors, c’est que la vidéo rencontrera un succès gigantesque sur le net, avec 8 millions de vues!

Patricia, Isaac, Fred, Alex et Bachir sont tous issus des bidonvilles de Kampala. Dans ce pays où 40 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour, ils se contentaient d’un repas quotidien, gagné en faisant la manche, ainsi que l’explique Alex . Pourtant, grâce à leur amour de la danse, à leur talent et à leur force de caractère, leurs vies ont pris un chemin heureux.

Après avoir tourné dans le clip du chanteur Eddy Kenzo, qui lui offre son premier cachet, la petite troupe s’installe chez Dauda. La maison est très vite transformée en espace de création et de vie. Devenus célèbres, les Ghetto Kids chantent aujourd’hui leurs propres chansons et se produisent sur de grandes scènes. A chaque apparition, ils touchent 200 dollars. Grâce à cet argent, ils financent leur scolarité et aident leurs familles restées dans le ghetto.

Il faut cependant regarder la réussite de ces enfants avec un regard qui dépasse l’aspect économique. L’essentiel n’est-il pas que la reconnaissance de leurs talents artistiques leur ait redonné confiance en eux? Qu’elle leur ait offert de donner un sens à leurs vies? De se sentir utiles en permettant à d’autres de se réjouir de ce succès et d’en bénéficier, de la meilleure façon qui soit?

Stars, ils n’en demeurent pas moins enfants. Patricia, elle, se rêve tout à la fois médecin, Miss Univers, créatrice de mode et mannequin. Son camarade, lui, se verrait bien président! Et Isaac de confier: «Parfois, les filles veulent faire des photos avec nous, nous demandent notre numéro de téléphone ou d'être amis sur Facebook. Ça me met mal à l’aise, alors je m’en vais, parce que je ne sais pas quoi faire.»

En se livrant à une activité culturelle et artistique de manière spontanée, ces 5 enfants ont réussi à donner vie à l’article 31 de la Convention internationale des droits de l’enfant: 1. Les Etats parties reconnaissent à l'enfant le droit au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique. 2. Les Etats parties respectent et favorisent le droit de l'enfant de participer pleinement à la vie culturelle et artistique, et encouragent l'organisation à son intention de moyens appropriés de loisirs et d'activités récréatives, artistiques et culturelles, dans des conditions d'égalité.

*Alex est mort dans un accident de vélo. Patricia, avec lui à ce moment-là, s’est remise de ses blessures.

Photo: Jameel Winter, flickr/creative commons

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