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Brochure du CAS Enfants Victimes, Enfants Témoins: la Parole de l’Enfant en Justice - septembre 2018 > mars 2020

Editorial, par Pierre Coquillot, Lucas Decroux et Aurélia Platon (étudiants du MIDE), 18 janvier 2018

2018 01 18 empathyLa découverte des neurones miroirs à la fin du XXe siècle aura permis d’apporter un éclaircissement scientifique à ce que Robert Visher ressentit et nomma lors d’une rencontre profonde et sincère avec une œuvre d’art: «Einfühlung», sentir à l’intérieur, ressentir. Ainsi naquit le concept d’empathie, une expérience profonde de la vie, une invitation nous implorant d’abandonner la violence, nous demandant de reconnaître autrui, de nous (en) rapprocher dans le respect de la différence. Elle serait un voyage, un mouvement intérieur permettant de rapprocher les corps, d’anticiper les émotions, de nous ouvrir à l'altérité et partager une part de notre humanité.

Nous, eux, les autres, la différence, tant de farouches opposants, tant d’adversaires coriaces freinant l’élan de vie menant à l’altruisme. Dans bien des situations, nos différences nous éloignent plus qu’elles ne nous rapprochent. L’enrichissement mutuel est écarté, au profit d’oppositions idéologiques, devenues des moyens de nous forger une identité. L’altérité est par conséquent à éloigner. Dans certains cas extrêmes, la différence peut même devenir tant une motivation qu’une justification de la réalisation d’actes violents. Le lien entre manque d’empathie et comportements violents a d’ailleurs été démontré par plusieurs chercheurs. L’absence d’empathie permettrait alors de déshumaniser, de chosifier l’autre et ainsi, de se déculpabiliser de toute atteinte portée à son égard.

Il semblerait dès lors important, pour contrer les phénomènes de violence, de développer et stimuler cette compétence empathique, et ce, dès le plus jeune âge. Dans ce sens, plusieurs méthodes existent pour travailler sur le développement de cette dernière, comme le Jeu des trois figures, créé par Serge Tisseron. Pour ce psychiatre et spécialiste de la question, l’empathie est une capacité innée à chaque être humain, qu’il est nécessaire de cultiver et de renforcer tout au long de la vie, en commençant dès les premières années de la scolarité.

Toutefois, le seul travail sur la capacité empathique ne suffit pas à contrevenir tout phénomène de violence. Il est essentiel, en parallèle à ce dernier, d’élargir le champ d’action, en veillant à développer d’autres compétences sociales, qui favoriseraient le déploiement de comportements dit «prosociaux». C’est justement ce travail plus global qui est proposé à travers le dialogue philosophique avec les enfants, permettant de développer, entre autres, une multitudes de compétences sociales, créatives et de réflexion critique, dans une démarche nécessaire à la disparition des phénomènes de violence, tant dans le contexte de l’école qu’ailleurs.

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NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Photo: Sean MacEntee, flickr/creative commons

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