Editorial, par Diana Volonakis, doctorante CIDE, 19 janvier 2017

trumpLe 20 janvier 2017, Donald J. Trump sera assermenté en tant que 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique.

Un aspect hautement déconcertant de l’imminente présidence Trump est l’incertitude qui caractérise l’élaboration de ses politiques. Lors des campagnes présidentielles, la rhétorique des candidats et des médias avait été centrée sur la personnalité des concurrents: le grand public en retiendra l’inaptitude technologique d’Hillary Clinton et la grossièreté de Donald Trump. Cependant, leurs propositions politiques échappent à toute analyse, résultant en l’élection d’un chef d’Etat dont la stratégie de gestion des affaires publiques demeure encore largement méconnue à l’approche de sa cérémonie d’investiture.

En tant que chercheuse ayant un intérêt particulier pour les questions liées à la promotion et la défense des droits de l’enfant aux Etats-Unis, ce bref éditorial propose de penser la vision d’une politique fédérale de l’enfance et de la jeunesse formulée par Donald Trump durant sa campagne électorale, et les impacts potentiels de celle-ci sur le bien-être général des jeunes américains.

En pleine campagne électorale, Trump présentait ses propositions de réformes relatives à l’aide à l’enfance. Il attribuait l’élaboration de ces propositions à sa fille, Ivanka Trump, une entrepreneuse dénuée d’expérience politique et mère de trois jeunes enfants. Déductions fiscales aux familles et participation accrue du secteur privé constituent le cadre opératoire de la politique d’enfance et de la jeunesse avancée par l’administration Trump. Une position qui soulève de multiples questionnements. Au sujet de la réforme fiscale, les mères (qui pratiquent un travail rémunéré ou non) pourront déduire les coûts relatifs à la garde des enfants des impôts sur le revenu. En d’autres termes, le projet fiscal peut être dit constituer une motivation aux mères de ne pas poursuivre une carrière professionnelle, dans la mesure où la pratique d’un travail rémunéré ne garantit pas de bénéfices fiscaux supplémentaires. En outre, l’éligibilité des familles à faible revenu de jouir des déductions susmentionnées est remise en question.

Suite à une campagne fanfaronnante, le futur Président sera bientôt appelé à tenir ses promesses. Les domaines de la santé (abrogation d’Obamacare), du développement économique et de l’infrastructure occupent le premier plan de l’agenda Trump. La relégation des questions en lien avec l’enfance et la jeunesse au deuxième plan, ainsi que l’inefficacité potentielle des réformes proposées dépeignent un tableau sombre quant à l’avancement des droits des enfants et des jeunes aux USA durant les quatre années à venir.

A l’inverse, un investissement accru dans l’enfance et la jeunesse servirait à rallier une collaboration bipartisane au sein d’une classe politique divisée. La réduction de la pauvreté enfantine, dont le taux est le plus important parmi les Etats industrialisés, au travers du soutien au développement de programmes fédéraux tels que Head Start et Early Head Start doivent être pérennisés. Ceci est crucial au pourvoiement pérenne de soutien de qualité et d’égalité d’opportunité aux 15 millions enfants, soit 21% de la population des USA, qui vivent sous le seuil fédéral de pauvreté.

Photo: Michael Vadon, flickr/creative commons

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Vos commentaires sont les bienvenus: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.