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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 15 décembre 2016

disparition bresilChaque année, environ 250 mille personnes disparaissent au Brésil, dont 40 mille enfants de 0 à 18 ans, selon les statistiques du Ministère de la Justice.

Les disparitions peuvent avoir lieu lorsque l’enfant joue aux alentours de sa maison ou fait le trajet entre l’école et la maison, ou encore lorsqu’il va de la maison à un commerce proche de chez lui. Nombreux sont également ceux qui disparaissent par fugue, lorsque l’ambiance de leur foyer s’avère insupportable.

La première initiative à prendre est d’enregistrer la disparition au Commissariat de police. Comme la principale cause de disparition est la fugue et que souvent les enfants retournent chez eux de leur propre initiative, certains policiers conseillent aux familles d’attendre 24 à 72 heures pour voir si l’enfant retourne à la maison, évitant ainsi de faire inutilement l’enregistrement de la disparition.

Pourtant, cela est un très mauvais conseil et va à l’encontre de la Loi fédérale 11.259/06 qui prévoit que les commissariats de police doivent se mobiliser pour chercher immédiatement le disparu. La Loi exige aussi qu’ils informent des faits les aéroports, les services de transports portuaires, interétatiques et internationaux ainsi que la police routière.

Or, en 24 heures, l’enfant peut être la victime du trafic de drogues, d’organes ou de personnes, de l’exploitation sexuelle, de l’adoption illégale, etc. Dans ce laps de temps, beaucoup d’enfants disparaissent à jamais, laissant leurs familles démunies et en état de détresse profonde.

En 2010, le gouvernement fédéral a eu la bonne idée de créer l’Enregistrement national des enfants et adolescents disparus, un site web ayant pour but de récolter les données sûres relatives aux disparitions sur le territoire national. La mission initiale était de diffuser les informations obtenues et d’élucider tous les cas de disparitions d’enfants et d’adolescents.

Cette initiative voulait permettre une collaboration active et rapide entre les 26 Etats du pays, les policiers, les Conseils tutélaires, les ONG, les familles et les organes de justice pour affronter le problème. Mais, petit à petit, le site est devenu inefficace. Des enfants disparus des années en arrière puis retrouvés y sont encore mentionnés comme disparus, des annonces et des informations non actualisées y figurent toujours, des problèmes techniques et des difficultés d’utilisation ne sont pas réglés.

Il n’est pas étonnant que, de sa création jusqu’à présent, ce site web n’ait enregistré que 400 cas. Ce qui démontre qu’il a perdu sa crédibilité. Un signe aussi que ce phénomène n’est pas encore abordé avec tout le sérieux que nécessite sa gravité.

Photo: Dan Buck, flickr/creative commons

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