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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 25 novembre 2016

nepalEn avril 2015, le Népal a été frappé par un fort séisme laissant derrière lui plusieurs centaines d’enfants orphelins et égarés dans les rues, notamment celles de la capitale Katmandou. Dès lors, un afflux important de pédophiles du monde entier s’est rendu là-bas pour profiter sexuellement de ces enfants en situation d’extrême vulnérabilité.

Certains prédateurs osent y installer leur propre ONG avec la prétention d’aider les enfants à se scolariser et à bénéficier de vacances. Ils se cachent derrière une fausse identité pour atteindre leur but pervers, celui de s’approcher plus facilement de leurs victimes et d’acheter leur confiance.

Face à cette problématique, la militante locale Sulakhana Rana a créé, il y a 3 ans, une association d’enquêteurs. Elle compte avec l’aide d’assistants sociaux entraînés par des policiers thaïlandais, ainsi qu’avec celle d’une cellule anti-pédophiles étrangère chargée de l’Asie du Sud.

Le travail des militants est difficile. Ils ont besoin de preuves concrètes et rapides comme, par exemple, les témoignages des enfants, avant que les pédophiles ne quittent le territoire. Or, les enfants ont peur de révéler ce qui se passe. Les criminels arrivent généralement à établir avec eux un rapport de confiance ou de force basé sur la menace.

Récemment, l’équipe de Mme Sulakhana Rana a repéré un ressortissant français qui, apprenant que les enfants avaient parlé de ses abus sexuels à leur égard, a quitté immédiatement le pays. Elle a aussitôt contacté l’Ambassade de France, où le commissaire français M. Grossi a relancé l’enquête. Il a alors découvert que le suspect était connu en France pour des faits similaires et avait déjà été condamné par le tribunal à 3 ans de prison, dont 18 mois de sursis.

Face à l’intensification de la présence de pédophiles français en Asie, la France a choisi d’y cibler son action de répression sur ses propres ressortissants. Pour accomplir cette tâche, elle a aussi besoin de l’aide de la police népalaise. Un travail de collaboration indispensable, mais pas tout à fait évident.

En effet, la police népalaise n’a pas l’habitude de s’inquiéter de la pédophilie sur son territoire. Le sujet est tabou, la grande majorité des agents ne parle pas l’anglais et n’a pas accès à internet. De plus, le tourisme étant parmi les premières sources de revenu du pays, les policiers ne veulent pas avoir de problèmes avec les étrangers.

Toutefois, le travail de sensibilisation et de formation à l’académie de police népalaise ainsi que la collaboration entre l’ONG de Mme Sulakhana Rana, le Commissaire Grossi et les spécialistes de la traque de pédophiles commence à porter ses fruits. En trois ans, plus de 60 enfants victimes ont été identifiés et ont été protégés.

Le message du commissaire français aux homologues népalais est clair: «On ne laissera aucun criminel venir ici pour attaquer les enfants. Avec votre aide, on va les identifier, les arrêter et les juger, ici ou en France.»

Photo: bWlrZQ==, flickr/cc

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