Editorial, par Clara Balestra, 28 octobre 2016

altcare jz ncLors des interventions introductives de la «Conférence internationale sur la protection de remplacement», M. Nigel Catwell, en présentant les Lignes directrices relatives à la protection de remplacement pour les enfants (2012) souligne notamment que la pauvreté familiale seule ne doit jamais justifier un placement.

En effet, M. Zermatten, Président du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies au moment de l’adoption des Lignes directrices, fait le sombre constat du «nombre élevé d’enfants admis à la protection de remplacement dans de nombreux pays, (dont) la cause première étant trop souvent la pauvreté matérielle de la famille,...»

Les Lignes directrices défendent cet interdit de différentes manières. D’une part, en conformité avec la CDE, elles consacrent (2.a) la famille comme le «milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants» (Préambule CDE)

D’autre part, elles stipulent (10.) que «Des efforts particuliers devraient être faits pour lutter contre la discrimination fondée sur le statut de l’enfant ou de ses parents, pour quelque motif que ce soit, y compris la pauvreté,...». Avec cet article, les promoteurs se veulent méfiant de l’acceptation non critique des «sagesses conventionnelles» (Catwell) qui ont si souvent amené des institutions à séparer les enfants de leurs familles pour permettre de les éduquer selon des préceptes différents des leur, considérés comme néfastes (les nomades en Suisse , les aborigènes en Australie, ...et les pauvres un peu partout dans les pays occidentaux depuis le 19ème siècle)

De plus, les Lignes directrices explicitent (15.) cet interdit et s’assurent que les Etats soutiennent les familles en difficulté financière par des programmes adéquats de lutte contre la pauvreté. Ces derniers, si efficaces, préviennent aussi l’abandon de l’enfant par la famille elle-même.

...et la Suisse?1

Lors de la Soirée Sarah Oberson 2015 «Etre enfant pauvre en Suisse» la Présidente d’ATD-Quart monde se préoccupait du fait que, «au sein du Mouvement ATD Quart Monde, en Suisse et ailleurs dans le monde, nous faisons le constat que la conception hygiéniste qui tendait à briser le cycle de la pauvreté en séparant les enfants de leurs parents, née au 19e siècle, semble perdurer pour les plus pauvres en dépit de l’évolution du cadre légal international et des pratiques professionnelles.»

En Suisse où, selon le Comité des droits de l’enfant, «on observe d’importantes disparités entre les cantons en ce qui concerne les critères de sélection, ...»; quelle incidence a la pauvreté sur les placements d’enfants et comment le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté 2014-2018 les influence-t-il?

1 «En Suisse, le but déclaré des pouvoirs publics a été jusque dans les années 1970 d’éliminer toute vie nomade en arrachant les enfants à leur famille (projet «Enfants de la grande-route» mis en œuvre par la Fondation Pro Juventute).» Le 11.10.16: http://www.ekr.admin.ch/themes/f129.html

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