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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 21 octobre 2016

ordinateurEn juin 2016 une nouvelle initiative sectorielle a été lancée par l’Association Suisse des Télécommunications (ASUT) pour la protection de la jeunesse dans les médias. A ce jour, elle a été signée par les entreprises Salt, Sunrise, Swisscom et UPC dans le but de soutenir les enfants, les jeunes et leurs parents dans l’utilisation des médias numériques.

Le monde digital fait partie de la vie de toutes les générations. C’est une réalité à laquelle il faut s’adapter et avec laquelle il faut évoluer. L’utilisation d’ordinateurs, de smartphones et de tablettes subit des transformations très rapides. C’est là un véritable défi pour la mise en place des nouvelles mesures de protection, car les risques et dangers d’hier ne sont déjà plus ceux d’aujourd’hui. D’où l’importance de l’engagement du secteur privé spécialisé pour informer les utilisateurs non seulement sur les bénéfices mais aussi sur les dangers des médias numériques.

Apporter des ressources aux parents et aux enfants aidant à mieux connaître le fonctionnement des réseaux sociaux, les règles de bonne conduite à adopter, les avantages, les risques ou les limites d’utilisation à respecter sont parmi les mesures concrètes qui seront mises en place jusqu’à la fin de cette année en Suisse.

La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) de 1989 ne présente pas d’articles spécifiques sur le monde digital, notamment parce qu’elle a été élaborée dans l’ère pré-numérique. Cependant, les droits qui y sont inscrits restent plus pertinents que jamais, comme l’a bien souligné la professeur Livingstone lors de la journée de débat général sur les médias numériques et droits de l’enfant du Comité des droits de l’enfant de l'ONU, en 2014.

Plusieurs articles de la CDE sont pertinents en matière de médias numériques, tels que les articles 12.1 (opinion de l’enfant), 13.1 (liberté d’expression), 16 (droit à la vie privée), 17 (accès à l’information appropriée), 18 (responsabilité parentale), 34 (protection contre l’exploitation sexuelle).

Lors de la journée de débat général du Comité, les participants ont judicieusement soulevé la question de l'équilibre entre contrôle et protection. Celle-ci ne doit pas être un prétexte pour restreindre les droits de l’enfant. Au contraire, l’enfant doit jouir de son droit à la protection de pair avec ses autres droits garantis par la Convention. Son accès aux médias numériques ne doit pas être considéré séparément de ses droits; ils doivent être traités ensemble.

Bien que cette initiative du secteur privé soit la bienvenue et louable, il reste encore à savoir si la limite entre protection et contrôle est en accord avec les droits de l’enfant. Un excès de contrôle pourrait pousser les enfants et les jeunes à braver l'interdit et à se mettre à nouveau en situation de danger.

Photo: kev-shine, flickr/cc

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