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Editorial, par Daniel Stoecklin, 7 octobre 2016

sauveOn serait très étonné de savoir combien de personnes ont été sauvées par des enfants. Ce genre de statistique n’existe pas, mais il est à parier que le nombre doit être très élevé.

Si on s’en tient à une approche du sauvetage en cas d’urgence, on en trouvera probablement un certain nombre. Mais bien entendu les enfants contribuent aussi à la prévention du suicide, atténuent les effets de la dépression, et sont une source de joie évidente pour les adultes qui sont confrontés à des difficultés parfois importantes. On ne remerciera jamais assez les enfants d’être des enfants. Leur contribution au bien-être est largement sous-estimée, et on serait surpris de voir quelles économies pour la santé ils nous permettent de faire, tandis que même les responsables de la santé publique ignorent les revenus des médecins...

Et si on mettait un jour tout dans la balance? On peut toujours rêver... Mais on verrait que les enfants «travaillent» gratuitement en fournissant certains services et certains soutiens pour lesquels nombre de professionnels font à peine mieux, et parfois moins bien. La contribution économique invisible et non-reconnue des enfants s’ajoute à celle des mères aux foyers. Quand viendra-t-il le temps où on ne rétribuera pas uniquement les personnes qui travaillent dans «l’espace public»? Cette notion qui, à l’heure de l’hyperconnectivité et du mélange du public et du privé, ne veut plus dire grand chose. D’autres formes de régulation économique restent à inventer.

En attendant, les enfants sauvent très concrètement des vies. Chaque deuxième week-end de septembre a lieu la journée mondiale des premiers secours. En France, la Croix-Rouge a cette année dédié cette journée aux jeunes. Des enfants peuvent en effet jouer un rôle vital dans les premiers secours. Dès 10 ans, on peut apprendre les gestes qui sauvent.

Il est rassurant de constater que des associations se mettent à la hauteur des enfants pour leur apprendre les gestes qui sauvent. Il serait encore plus heureux que l’on reconnaisse davantage les compétences des enfants, à tous les âges, et qu’on les intègre véritablement comme partenaires, y compris dans les politiques publiques qui pourraient faire d’eux des acteurs et non plus uniquement des contributeurs (via leurs parents) des assurances censées les protéger, des élèves d’écoles aux abois censées les éduquer, et des petits de parents censés les faire grandir dans un monde qui n’est pas capable de leur proposer un projet de société qui tienne debout.

Serons-nous sauvés par les enfants? Peut-être que cela nécessite d’abord de retrouver ceux qui sont en nous.

Photo: Emiliano Ricci, flickr/cc

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