Editorial, par Maude Louviot, 24 août 2016

ecole grandeLa seconde moitié du mois d’août signifie pour les élèves helvétiques la fin de la pause estivale et le retour sur les bancs de l’école. En Suisse romande, cette nouvelle année scolaire s’organisera autour des contenus décrits dans le Plan d’études romand (PER). Celui-ci définit des objectifs d’apprentissages relatifs aux domaines disciplinaires comme les sciences humaines et sociales, les langues, les mathématiques, ou les arts; aux capacités transversales, amenées à se développer de manière progressive à travers les enseignements disciplinaires qui comprennent la collaboration, la communication, des stratégies d’apprentissage, la pensée créatrice et la démarche réflexive; et enfin à la formation générale qui englobe certaines thématiques allant au-delà des apports disciplinaires et englobant les relations aux médias, la santé et le bien-être, le vivre ensemble et l’exercice de la démocratie, les interdépendances et les choix et projets personnels.

Mais quelle place est consacrée aux droits de l’enfant dans un tel plan d’études?

Ils apparaissent explicitement dans le cadre de la citoyenneté dispensée aux élèves de 8 à 12 ans, avec la découverte de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et des droits, devoirs et responsabilités qui y sont rattachés; ainsi qu’à travers une observation comparative entre la situation en Suisse et dans d’autres pays. De plus, certaines valeurs mises en avant par la CDE se retrouvent dans les capacités transversales, avec le vivre ensemble et l’exercice de la démocratie. Enfin, la possibilité de mettre en place des conseils d’élèves, et ainsi de permettre une mise en pratique des droits participatifs des enfants, est évoquée, mais une grande marge de manœuvre est laissée aux structures scolaires. Malgré ces différentes mesures, le Comité des droits de l’enfant, dans son rapport de 2015 concernant la Suisse déplore la mauvaise connaissance que les enfants ont de leurs droits en dépit du fait que la Suisse, Etat membre de la CDE, s’engage à les diffuser au plus grand nombre par des moyens actifs et appropriés (art. 42).

Comment faut-il alors appréhender les dispositions en lien avec les droits de l’enfant mises en place dans le PER? Celles-ci devraient-elles être renforcées? Quelle place est concrètement réservée aux droits de l’enfant dans la pratique éducative? Comment les élèves peuvent-ils affirmer leur statut de sujets de droits dans le contexte scolaire?

La situation actuelle relative à l’éducation aux droits de l’enfant se doit d’être interrogée. C’est à la lumière de ces questionnements que la place des droits de l’enfant dans le PER et dans la pratique doit être analysée et, le cas échéant adaptée, puisque seul un accès quotidien à ces droits permet aux élèves de les expérimenter et de développer leur place en tant que sujet de droits.

Alors, quel accès aux droits de l’enfant sera réservé aux écoliers au cours de l’année scolaire qu’ils viennent de débuter et des suivantes?

Photo: Office de tourisme, flickr/creative commons

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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