Editorial, par Fabien Métrailler, 4 août 2016

nepal fabien metraillerRural Women Network Nepal (RUWON Nepal) est un réseau national qui cherche à promouvoir le droit à l’égalité des femmes et des enfants issus de milieux précarisés, notamment en favorisant l’accès à l’éducation. Pour atteindre ces objectifs, le programme mise sur les Child Clubs, des forums qui permettent aux enfants de développer leurs connaissances et leur créativité. Sous la forme d’associations d’élèves, ils visent à promouvoir le développement personnel de l’enfant et l’apprentissage à travers différents ateliers. Dans un système scolaire qui comprend de forts déséquilibres, les Child Clubs permettent aux enfants d’agir pour l’amélioration de la qualité des enseignements.

Swosthani Raut, 16 ans, explique qu’avant de s’engager dans le Child Club de Janakalyan Higher Secondary School, elle rencontrait des difficultés scolaires et manquait de confiance en elle; aujourd’hui, elle est «première de classe». A ses yeux, la fonction du Child Club est également d’aider les enfants de la communauté.

Dipendra enseigne à la Padma Kanya Higher Secondary School depuis quinze ans. Grâce au soutien d’enseignants et de partenaires comme RUWON, un projet de football féminin a vu le jour. Pour Dipendra, il est indispensable pour un enseignant de s’engager au-delà des heures officielles. «Lorsque j’observe les étudiantes de ma classe, je vois tout le Népal.» Proposer des activités de loisirs et renforcer l’éducation publique sont les meilleurs moyens pour que les filles maximisent leurs chances d’intégrer la vie active et de s’émanciper. L’enseignant pense que «plus de 70%» de ses élèves endossent des responsabilités non conformes à leur âge. Souvent, elles sont forcées de travailler en dehors des heures de classe; une réalité qui semble présente dans l’ensemble du pays. Pour assurer aux jeunes filles une présence régulière en classe et garantir leur instruction, «le tout est de rester à l’écoute des familles, des enfants, et de faire preuve de diplomatie».

En principe, les élèves s’engagent librement et choisissent les activités qui les intéressent. Les réunions entre élèves sont un moyen de faire entendre leur voix à propos des sujets qui les concernent. Conduits essentiellement par des enfants, sélectionnés par des enseignants ou dirigés par une majorité de d’adultes, le fonctionnement et les activités des Child Clubs se révèlent très hétérogènes sur le terrain. Si l’on peut débattre des différents modes d’interprétation, ce concept n’en demeure pas moins un espace de dialogue, d’enrichissement et de créativité en faveur des enfants et des jeunes filles.

En soutenant les Child Clubs, RUWON Nepal a développé un outil de travail intéressant permettant d’agir sur la qualité de l’enseignement public. Parmi les 52 districts concernés par le travail de RUWON Nepal, l’ONG envisage de promouvoir l’organisation de Child Clubs en milieu rural, où certaines populations sont fortement marginalisées et n’ont pas accès à l’instruction. Ce constat est d’autant plus vrai pour les filles; sans instruction, elles semblent plus vulnérables et plus facilement exposées à différentes formes d’exclusion, de violences physiques et autres pratiques culturelles préjudiciables. Un projet pilote est prévu dans le district de Shinduli ces prochains mois.

Photo: © Fabien Métrailler, 2016

NB: l'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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