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Editorial, par Andressa Curry-Messer, 20 juillet 2016

Taille A4

Le «A4 Waist Challenge» est né en Chine via les réseaux sociaux. Il s’agit d’un défi minceur devenu une véritable obsession chez les adolescentes et les jeunes femmes de par le monde. L’objectif consiste à placer une feuille A4 à la verticale devant son ventre, faire une photo et montrer sur l’internet que ni la taille, ni les hanches ne dépassent. Dans le cas contraire, celles qui réalisent ce challenge se forcent à perdre du poids jusqu’à réussir à avoir la taille d’une feuille A4.

C’est un tourment pour de nombreux parents qui n’arrivent pas à convaincre leurs enfants du danger de ce défi pour leur santé. Les jeunes filles font une fixation sur l’apparence filiforme des top models des défilés de mode, en croyant que c’est l’apparence parfaite à avoir.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tour de taille moyen chez une femme est de 80 centimètres, soit 40 centimètres de face. Une feuille A4 mesure 21 cm x 29,7 cm, soit près de la moitié de ce qui est recommandé par l’OMS. Cela n’est pas sans danger pour la santé. Il y a des risques de maladies comme l’anorexie, la boulimie, la dépression ou la réduction du métabolisme.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de défi apparaît sur des réseaux sociaux. Il y a déjà eu «belly button» ou l’art de toucher son nombril en ayant passé son bras derrière le dos, le «thigh gap» qui consistait à rechercher un écart maximum entre ses cuisses, ou encore le «finger-trap» qui mesurait la beauté et l’harmonie d’un visage en posant l’index contre le nez et le menton afin de vérifier si les lèvres touchent l'index.

En réalité, derrière ces défis se cache un véritable mal-être psychologique. Ces jeunes filles sont angoissées de ne pas être appréciées et acceptées. Souvent, ce sont des filles qui ont subi ou subissent un rejet ou une discrimination par rapport à leur physique, que ce soit à l’école, dans leur quartier ou en famille.

Elles ont plus besoin d’une aide pluridisciplinaire de psychologues et de nutritionnistes que de mincir ou de convoiter une beauté parfaite. Un message difficile à recevoir et à accepter lorsqu’on est dans une phase vulnérable de la vie, en quête d’identité et de contrôle de soi, celle de l’adolescence.

Comme ces défis sont nés sur des réseaux sociaux, ils se propagent à une grande vitesse. De nombreuses autres adolescentes s’opposent à ce genre de challenges et profitent de répondre, par le même biais, avec réflexion, humour et intelligence.

Cela suffit-il à stopper ce genre de phénomènes ? La réponse est probablement négative. Mais cela peut aider à éveiller celles qui, comme elles, s’acceptent et s’aiment telles qu’elles sont.

Image: darwin Bell, flickr/creative commons

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