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Editorial, par Diana Volonakis, 10 mai 2016

droit eauDans le cadre du Forum économique mondial (2016), dirigeants étatiques et experts ont été appelés à identifier les « risques globaux » imminents posés à l’humanité. La liste des calamités potentielles inclut des scénarios aussi affolants que le déclenchement de conflits nucléaires, la propagation de maladies infectieuses, des crises financières globalisées – autant de menaces à l’ordre social, politique et économique à l’échelle mondiale. Parmi les risques jugés les plus probables – et aux effets les plus ravageurs – on compte celui d’une crise d’eau.

Agriculture et élevage intensifs, activité industrielle et accroissement démographique : autant de facteurs qui exercent désormais un stress sans précédent sur les ressources d’eau au niveau global. La raréfaction de cette ressource pourtant indispensable à la survie humaine lui vaut désormais d’être qualifiée d’« or bleu », laissant présager la multiplication des luttes d’intérêts opposant société civile, gouvernements et industries autour de la question de son accès et de son utilisation.

La question interroge la communauté internationale. Le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait une résolution reconnaissant que l’accès à une eau de qualité est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». La résolution appelle les Etats et les organisations internationales à déployer toutes les mesures utiles afin d’assurer l’accès à toutes les populations à « de l’eau potable, salubre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ».

Bien que le droit à l’eau ait été mis à l’agenda international, sa réalisation demeure largement inaboutie. Selon une étude menée conjointement par l’OMS et l’UNICEF (2015), 663 millions d’individus (1 habitant sur 10) n’ont pas accès à une eau potable. En outre, 2,4 milliards d’individus (1 sur 3) n’ont pas accès à une infrastructure sanitaire. La même étude estime qu’au niveau mondial, seuls un tiers des établissements scolaires dans le monde jouissent de l’accès à l’eau potable et à des toilettes.

Il est utile de rappeler que les effets de la crise de l’eau impacteront de manière disproportionnée la catégorie des enfants et des jeunes. L’eau insalubre et le manque d’installations sanitaires constituent des menaces particulières pour les enfants de la classe d’âge 1-5 ans, pour lesquels la contraction de maladies graves transmises par l’eau – notamment la diarrhée, la malaria – demeure une des causes de décès les plus communes. De plus, si l’accès à l’eau propre et à des installations sanitaires est particulièrement problématisé dans le cadre des Etats en voie de développement économique, du point de vue démographique, la catégorie des enfants et des jeunes représente une part importante. Ainsi, au vu de la vulnérabilité physique des enfants en bas âge et de la forte présence d’enfants et de jeunes dans les populations les plus menacées par une éventuelle pénurie d’eau mondiale, on peut affirmer qu’il s’agit d’une « crise humanitaire en devenir » dont les effets seront ressentis dans une large mesure par les plus jeunes citoyens du monde.

Photo : Living Water International, flickr/creative commons

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