Editorial, par Daniel Stoecklin, 4 mai 2016

participation enfants marocLe Maroc a développé un « Programme national de mise en œuvre de la politique publique intégrée de protection de l’enfance au Maroc », adopté le 3 juin 2015 par le gouvernement du Maroc, dont les objectifs sont : 1) un cadre légal et une justice adaptée aux enfants, 2) la mise en place de dispositifs territoriaux intégrés de protection de l’enfance, 3) la standardisation des structures, des services et des pratiques de protection de l’enfance, 4) la promotion des normes sociales protectrices et la prévention de la violence à l’égard des enfants, et 5) un système d’information, de suivi et d’évaluation et monitoring indépendant. Cette politique est transversale à plusieurs ministères qui sont conjointement responsables de son application.

L’atelier sur la participation des enfants a été l’occasion de souligner l’indivisibilité des droits de l’enfant : la protection passe aussi par la participation. L’intérêt du Maroc pour une politique intégrée de l’enfance est manifeste. Depuis septembre 2013, les enfants ont pris part à cette politique. Une réunion a eu lieu en avril 2014 où les opinions de 640 enfants ont été présentées au chef du gouvernement. Les ministères entendent soutenir le parlement des jeunes en collaboration avec l’Observatoire national des droits de l’enfant. L’atelier qui vient d’avoir lieu a visé à promouvoir les échanges autour des expériences du Conseil de l’Europe en matière de participation des enfants. La recommandation du Conseil de l’Europe sur la participation des enfants et des jeunes de moins de 18 ans a été rappelée. Un outil d’évaluation de la participation, comprenant 10 indicateurs, en développement, a été présenté, ainsi qu’un outil pour la compréhension de l’expérience vécue, qui a déjà été intégré à des recherches académiques et à des évaluations du Conseil de l’Europe (Finlande, Slovaquie, Moldavie).

Les défis restent cependant importants. M. Khalid Chrifi Alaoui, chef de la Division de l’enfance du Ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, a rappelé les recommandations du Comité des droits de l’enfant au Maroc concernant la nécessité d’une attention particulière aux filles et aux enfants en situation de précarité. Des échanges sur la situation des filles mariées précocement (« mariages forcés ») ont confirmé que cette question reste d’actualité. Le travail des enfants a aussi été évoqué. Il s’agit de donner la parole à ces enfants qui en sont trop souvent privés. Le parlement des jeunes, dont quatre membres étaient présents à cette réunion pour évoquer les projets menés, peut être un vecteur important mais il n’est pas le seul et pas forcément le plus représentatif de tous les enfants du Maroc puisque les enfants sélectionnés le sont sur la base de l’excellence scolaire. Des recherches académiques ainsi que des formations spécialisées devraient également être envisagées pour accompagner la mise en œuvre de la politique marocaine de l’enfance.

Photo : bourget_82, flickr/creative commons

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