30 ans Convention des droits de l'enfant - 50 ans Office éducatif itinérant



Editorial, par Pierre Jaccard, 30 mars 2016

spartakusSaint-Pétersbourg, 25 février 2016, 18h30, centre d’accueil de Nochlezhka.

Spartakus, 2 ans et sa maman, tous deux sans papier, demandent de l’aide.

Nous appellerons sa maman Irina, elle vient de sortir de prison où Spartakus est né.
Irina a appelé son fils Spartakus en l'honneur du Spartak, ce club de football moscovite reconnu.

Comme beaucoup de détenus libérés, Irina a quitté la prison démunie de tout papier.

Une manie du système pénitentiaire russe que de ne pas rendre aux anciens condamnés leur passeport intérieur dont la fameuse propiska dûment tamponnée.

Spartakus n’existe tout simplement pas

Irina est donc venue à Nochlezhka pour demander au service juridique de l’appuyer dans la restitution du précieux sésame.

Le père de Spartakus a disparu depuis longtemps; de plus il n’a jamais reconnu sa progéniture. Et à l’instar de sa maman, Spartakus n’existe tout simplement pas aux yeux de l’administration pétersbourgeois.

Et sans reconnaissance administrative, impossible pour lui de se faire soigner, d’aller à l’école.

Des conditions indignes

Une fois les formalités remplies avec le juriste bénévole de tournus, Nochlezhka décide de raccompagner Irina et Spartakus en voiture. L’ami qui les héberge habite loin.

Sur place, en gravissant les cinq étages, Spartakus endormi dans mes bras, et malgré les 13 kilos du bambin, je ne peux m’empêcher de penser que je porte un enfant qui n’existe pas.

Peut-être que plus tard, Spartakus s’inspirera de son homonyme, l’esclave révolté.

A son tour, notre Spartakus fédérera les sans-papiers russes afin qu’ils se rebellent contre les conditions indignes qui leur sont imposées par l’administration de ce pays.

Photo : Pierre Jaccard

Voir aussi : site Internet de Nochlezhka Suisse Solidaire

NB : L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la Direction et de l'équipe IDE.

Vos commentaires sont les bienvenus : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.