Editorial, par Clara Balestra, 24 février 2016

Le Conseil fédéral vient de décider que les critères de déclenchement de l'alerte enlèvement en Suisse ne doivent pas être assouplis, allant ainsi à l'encontre de la tendance européenne. En effet, le 1er février 2016, 19 parlementaires européens ont présenté une Déclaration Ecrite (DE 7/2016) qui vise « à soutenir le plan fondé sur 5 mesures proposé par AMBER Alert Europe ».

Regroupant 22 membres de 16 pays européens, AMBER Alert Europe est « le réseau européen d’alerte des services de secours aux enfants et des forces de police en cas de disparition d’enfant ».
Le plan en 5 mesures qu’il propose demande :

  1. Un agrandissement et un renforcement du réseau des alertes enlèvements nationales : encourager plus de pays européens à développer des systèmes d’alerte enlèvements nationaux. Actuellement, 16 pays de l’Union européenne, plus la Suisse, ont instauré le système.
  2. Plus de flexibilité dans les critères de déclenchement des alertes : assouplir les critères actuels et permettre le déclenchement de l’alerte lorsque les enquêteurs spécialisés ont évalué que la vie de l’enfant est en danger, en faisant abstraction des autres critères habituels, dont celui d’un enlèvement avéré (ex. France).
  3. Un meilleur partage d’information entre les Etats : assurer le partage des informations concernant un enfant en danger entre les Etats limitrophes : en élaborant des protocoles qui permettent une distribution immédiate d’informations entre forces de l’ordre de pays voisins ; en transmettant aux médias des pays limitrophes les alertes nationales afin d’informer le grand public des deux côtés de la frontière (ex. Pologne-Allemagne).
  4. Une meilleure coopération policière transfrontalière : créer un réseau formel d’experts en disparition d’enfants et d’alerte au niveau national. AMBER Alert Europe a créé un réseau similaire (Police Network on Missing Children) qui comprend désormais 34 experts des forces de l’ordre de 11 pays, dont la Suisse.
  5. Une meilleure identification et protection des enfants aux frontières : faire en sorte que les enfants en danger soient inscrits immédiatement dans la base de données de Schengen Information System (SIS II) afin d’informer sans délai les gardes-frontières; former les gardes-frontière à ce sujet en collaboration avec Frontex.

La Fondation Sarah Oberson salue cette démarche qui est en accord avec son mandat et ses actions. En effet, la Fondation a œuvré activement pour l'instauration en Suisse du système d’alerte enlèvement. Elle s’engage désormais pour :

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