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Editorial par Coraline Hirschi, Assistante-doctorante en droits de l'enfant à l'IUKB

La popularité des études concernant la douance chez l’enfant (l’enfant à haut potentiel, HP, surdoué, doué, etc.) ne cesse d’augmenter, dévoilant leurs nombreuses différences, les souffrances potentielles en découlant, ainsi que des caractéristiques allant bien au-delà d’un QI élevé. De plus, les récentes études sur les adultes surdoués viennent renforcer les recherches par de nombreux témoignages relatifs à l’enfance de ces derniers, aux différentes négociations de leurs parcours de vie et, bien souvent, à ce même « si j’avais su ».

Car un enfant surdoué ne se sait et ne se sent pas forcément doué. Sa réalité et son vécu sont fréquemment biaisés par la représentation que l’on s’en fait, comme si l’idée générale autour du haut potentiel résidait encore sous la forme suivante : « S’il était doué, on le saurait ». Pourtant, nombre d’entre eux sont en échec scolaire et souffrent de dyssynchronie. Si les études tentent de briser le mythe du petit génie et encouragent la mise en œuvre de mesures spécifiques adaptées à ces enfants, le sujet du surdon et ses hypothèses divisent au sein de la communauté scientifique. Des débats animés et émotionnels s’ensuivent, et tantôt l’essentiel s’oublie…

Une catégorie pour comprendre la différence…

Car si le fait de se reconnaître surdoué ou de reconnaitre que son enfant l’est est si fondamental au point de changer le parcours de vie d’un individu, c’est parce que cela permet d’expliquer, de comprendre et de donner du sens à cette différence. La catégorie offre des repères, elle apaise un désir de connaissance, atténue l’inconfort de l’incertitude et, surtout, permet l’apparition de quelques bonnes prises creuses sur un parcours qui s’apparente parfois à un mur d’escalade sans fin. La connaissance de la catégorie peut légitimer la différence, même si le but final reste, au fond, une légitimation de soi…

RECHERCHE D’INDIVIDUATION

Tout enfant mérite une attention particulière, adaptée non pas uniquement à une catégorie, mais à un être, une âme, un individu à part entière qui interagit constamment avec le monde qui l’entoure et qui n’aura peut-être pas besoin de se dire « si j’avais su ». Un enfant au sens de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CDE) qui met l’accent sur ce que l’enfant pense, dit, ressent, et non sur ce que l’adulte attend de lui. Un enfant qui a le droit, entre autres, à un développement harmonieux (art. 6), à ce que son identité soit préservée (art. 8), à une éducation qui visera à favoriser l’épanouissement de sa personnalité (art. 28, 29 (1) lit. a), à ce que son intérêt supérieur soit pris en compte (art. 3) et à ce qu’il soit informé, écouté, entendu (art. 12, 13). Les difficultés d’adaptation, fréquentes pour les surdoués, touchent un aspect essentiel de cette place accordée à l’enfant sujet de droits et acteur social.

Car si la CDE (art. 29), l’UNESCO (Déclaration de Salamanque) ou encore le Conseil de l’Europe (Recommandations 1248) ont porté une attention particulière à la catégorie des enfants surdoués et que cette reconnaissance internationale est fondamentale, c’est cette reconnaissance individuelle si précieuse qui est recherchée par le biais d’un droit idéal, pour l’enfant, de comprendre et d’être compris lorsqu’il est différent.

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NB : L'éditorial ne reflète pas forcément les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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