Communiqué de presse du CRIN, 15 février 2016

Une nouvelle recherche de Child Rights International Network (CRIN) a publié un rapport et un classement des pays du monde sur la possibilité donnée aux enfants de se servir des tribunaux pour défendre leurs droits efficacement.

En haut du classement figurent la Belgique, le Portugal et l'Espagne, et le Kenya est le seul pays non-européen à figurer dans les dix premiers. La Palestine, l'Érythrée et la Guinée équatoriale sont au bas de l'échelle.

Pour la directrice de CRIN Veronica Yates, « Quand on pense aux enfants et à la justice, la première image qui vient à l'esprit est souvent celle d'un enfant qui enfreint la loi. On considère rarement le droit des enfants à utiliser le système juridique pour protéger leurs droits humains ou pour obtenir un recours quand leurs droits sont bafoués. »

« L'accès à la justice remet en question l'idée que les enfants ne seraient que des victimes ou seraient moins dignes de la protection de la justice que les adultes. Il s'agit de reconnaître que les enfants, comme les adultes, ont des droits humains et que lorsqu'on porte atteinte à ces droits, les enfants devraient pouvoir utiliser et faire confiance que système juridique. »

Cette étude prend en compte la capacité des enfants à porter une affaire en justice lorsque leurs droits sont violés, les ressources que le système judiciaire met à leur disposition, les considérations pratiques pour saisir la justice, et si le droit international est ou non applicable devant les juridictions nationales.

Le rapport propose également un modèle de ce à quoi l'accès à la justice devrait ressembler pour les enfants. Le pays 'Eutopia' a été imaginé en rassemblant des exemples de bonnes pratiques dans le monde entier. Certains proviennent des pays du haut du classement, mais d'autres ont été identifiés dans des pays comme l'Angola, le Montenegro, la Jamaïque, le Népal, les Philippines ou l'Érythrée.

CRIN souhaite que ce rapport aide ceux qui œuvrent à la prévention des violations des droits de l'enfant à trouver de nouvelles idées et de nouveaux outils. Le rapport veut également montrer qu'il existe de nouvelles voies de recours juridique, qu'il s'agisse du combat pour les droits de citoyenneté au Kenya, d'assurer une éducation gratuite à des millions d'enfants en Colombie ou de défendre le droit des enfants à un environnement sein aux États-Unis.

Benyam Dawit Mezmur, Président du Comité des Nations unies pour les droits de l’enfant, a déclaré : « Les classements d'États ne sont pas là seulement pour montrer du doigt les bons et les mauvais élèves, mais surtout pour susciter une réaction de la part des États et les encourager à s'améliorer pour prétendre à une meilleure place dans le classement. »

« Le Comité se réjouit de ce projet et envisage déjà les manières dont le rapport pourrait contribuer concrètement aux différents échanges entre le Comité et les États. »

Vous pouvez consulter le classement, tous les rapports-pays, et vous trouverez un lien vers une carte interactive à cette adresse.

Voir le communiqué sur le site du CRIN.