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Voir la version complète : Jugement des sévices sur un talibé à Kaolack



rodpat
17/11/2008, 11h15
Le maître coranique écope de 3 ans ferme

Article de Birane DIAW paru dans Le Quotidien :

L'affaire des sévices corporels dont a été l'objet le jeune talibé M. B vient de connaître son épilogue à Kaolack. Le Tribunal des flagrants délits de ladite ville l'a vidée hier, en condamnant le maître coranique, auteur de l'agression, à une peine de trois ans de prison ferme et à payer la somme de 300 mille francs Cfa en guise de dommages et intérêts à la partie civile.

Le Tribunal des flagrants délits de Kaolack n'a pas suivi le procureur de la République dans son réquisitoire sur l'affaire de sévices corporels qui a opposé un maître coranique à son talibé. En donnant son verdict hier mercredi, ledit tribunal a condamné à une peine de 3 ans de prison ferme le maître coranique, Babou Diop demeurant à Kanda, sis à un jet de pierre de Kahone.

Jugeant les faits graves, le procureur de la République avait requis une peine de 5 ans de prison dont 3 ferme, alors que l'avocat de la partie civile, Me Assane Dioma Ndiaye, demandait une «peine plus grave, dissuasive et pédagogique» à l'aune de la faute commise pour servir de leçon à la communauté éducative.

Cette affaire de sévices corporels remonte au 3 juillet 2008, quand le jeune talibé M. B, âgé de 8 ans, n'avait apporté que 150 francs Cfa au lieu de 200 francs Cfa exigés par son maître comme pitance journalière. Non satisfait, Babou Diop, à l'aide d'une courroie, déchargea sa bile sur l'enfant avec sa cravache qui a occasionné des plaies sur tout son corps et l'abandonna dans la rue.

Avisé par une dame, le délégué de quartier transportait l'enfant à l'hôpital pour des soins intensifs pendant quelques semaines, en l'absence du maître coranique parti voir ses champs au village.

En plus des 3 ans de prison ferme prononcés à son encontre, Babou Diop est condamné à payer une amende de 300 000 francs Cfa à la place d'un million que réclamait Me Assane Dioma Ndiaye, avocat de la partie civile, pour dommages et intérêts à payer au père de l'enfant.

Merci infiniment à M. Laudolino MEDINA pour nous avoir transmis cet article !

rodpat
18/11/2008, 10h09
Article paru dans "Le Soleil" :

L'absence de la mère d'une fille de dix ans a été mise à profit par un maître coranique. A la place d'enseignements, il violait la petite contre des pièces de monnaie. Le pot aux roses éclata grâce à la vigilance de la mère. Le violeur a écopé de cinq ans ferme de prison.

El Hadji Sow alias Pa Sow n'a pas réussi à convaincre le tribunal dans cette histoire de viol sur une fille mineure de dix ans en plein mois de ramadan de surcroît. La petite A.Nd. n'a jamais cessé de désigner le bonhomme du doigt comme étant son violeur.

Chargé d'inculquer aux tout-petits une éducation religieuse, Pa Sow, un prétendu faiseur de miracles, est agriculteur à ses heures perdues. D'ailleurs, il vit seul dans son verger de Nguékokh (région de Thiès), à quelques mètres de son domicile et de celui de la fillette. Le maître coranique a profité d'un voyage de deux mois à Kolda de la mère de la jeune A. Nd. pour passer à l'acte.

Selon la fillette, dès le voyage de sa maman, elle faisait des escapades aussi bien diurnes que nocturnes pour répondre à l'invitation du maître coranique qui a eu à entretenir plusieurs rapports sexuels avec elle. Au début, dit-elle, le marabout a introduit son doigt dans ses parties intimes. « J'ai saigné ce jour-là », se rappelle la fillette. « Il m'a menacé de mort si toutefois j'ébruitais l'affaire auprès de mes parents. Avant de repartir, il m'a demandé de prendre un bain après avoir mis de la poudre dans un récipient », poursuit A.Nd. à la barre du tribunal de Thiès. Avait-elle été envoûtée à la suite de ce bain ? Tout porterait à le croire puisque A.Nd. se rendait régulièrement au verger du maître coranique et en revenait avec des pièces de monnaie, à l'insu de sa grande sœur et de son père. Le manège dura jusqu'au retour de voyage de la mère de la fillette. La dame constata un changement de sa fille qui sortait souvent pour revenir avec des pièces de monnaie. A chaque remarque qu'on lui faisait, la petite balançait le nom du maître coranique. Sa mère lui tendit un piège consistant à la prendre en filature. A.Nd. ne tarda pas à s'introduire dans la demeure de Pa Sow. La mère de la fillette surprit le bonhomme dans une position sans équivoque : il avait déjà enlevé son « thiaya » (pantalon bouffant) et devant lui, la petite était déjà étendue sur une natte. « Je me suis agrippée à son « thiaya » que j'ai même déchiré avant d'ameuter le voisinage », explique la mère. Le maître coranique, nu comme un ver, a été tabassé et conduit au commissariat de police de Mbour. Lors de l'enquête préliminaire, le mis en cause était pourtant passé à table et avait même proposé un arrangement à l'amiable. A la barre, Pa Sow a fait un revirement spectaculaire en voulant faire croire qu'il avait été torturé par la police et par l'oncle de la dame. Il a même osé incriminer un officier de police judiciaire d'avoir tout manigancé sous prétexte qu'il serait le demi-frère du père de la jeune fille. Ce qui est faux, à en croire la mère de la petite. Le maître coranique revient à la charge dans ses dénégations en soutenant, cette fois-ci, que la dame lui en veut depuis qu'il a refusé de lui prêter de l'argent. Loin d'être convaincu par ces dénégations, le procureur de la République s'est fondé sur la clarté du certificat médical faisant état d'une défloration de l'hymen, une infection de la vulve et une conjonction sexuelle récente. Suffisant pour que le parquet requière une peine ferme de cinq ans de prison.

L'avocat du prévenu a douté de la sincérité de la jeune fille et prié le tribunal de ne pas aller vite en besogne. Me Sène a invité le tribunal à fonder sa conviction sur des éléments recueillis à la barre. El Hadji Sow a été finalement déclaré coupable de viol sur une mineure et condamné à une peine de cinq ans de prison ferme.