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levgen
22/08/2008, 18h25
Voici un article de l'agence APA-Niamey 29 juillet 2008

La CEDEAO se réunit à Niamey sur la lutte contre la traite des enfants

APA-Niamey (Niger) Des experts venus de dix pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) planchent mardi à Niamey sur la revue à mi-parcours de l’accord multilatéral de coopération en matière de lutte contre la traite des enfants dans la région, en prélude à la troisième rencontre des ministres sur cette question.


Sur l’agenda de cette rencontre qui prend fin jeudi figure en bonne place la révision de certaines dispositions de l’accord sur la répression de la traite des enfants en Afrique de l’ouest, a indiqué à APA Thierno Sadou Diallo, chef de projet à l’ONG Terre des hommes en Guinée.


« Outre les présentation pays par pays de l’état de mise en œuvre de ce texte, la rencontre abordera le fonctionnement de la commission de suivi ainsi que la formation des participants aux techniques de planification stratégique sur la traite des enfants » a-t-il ajouté.


La traite des enfants est, selon M. Sadou Diallo, un phénomène qui « prend de plus en plus d’ampleur en Afrique de l’Ouest, avec l’émergence de situations d’enfants déplacés soit à l’intérieur soit à l’extérieur des pays pour des fins d’exploitation ».


Selon l’UNICEF, on estime que 50 pour cent des victimes de la traite sont des enfants, dont la plupart sont des filles et chaque année dans le monde quelque 1,2 million d’enfants sont victimes de la traite.


En ce qui concerne les causes de la traite transfrontalière des enfants dans l’espace ouest africain, le juriste nigérien Mahaman Dan Dah met en cause notamment la mondialisation économique et la pauvreté endémique qui s’articulent autour de l’offre, de la demande et de la spécificité des victimes que sont les enfants.


La pauvreté endémique, qui influe sur les familles, est aggravée par l’absence d’infrastructures sociales de base (écoles, centres de santé etc.), ce qui amène, dans la plupart des cas, les parents à confier leurs progénitures aux marabouts itinérants d’où la prolifération d’enfants talibés.


S’y ajoute certains types de changements traduits, selon M. Dan Dah, par la dislocation des liens conjugaux, l’inadéquation du cadre juridique et réglementaire ainsi que le tourisme qui a induit, dans la plupart des cas, le développement de la prostitution des enfants et la pédophilie.


« Nous attendons qu’on mette à profit cette rencontre pour tirer des leçons des activités menées sur le terrain, voir comment faire pour dupliquer certaines activités et avoir un regard critique sur les recommandations », a estimé M. Sadou Diallo.


L’accord multilatéral de coopération en matière de lutte contre la traite des enfants en Afrique de l’Ouest a été signé le 27 juin 2005 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Les Etats signataires sont Burkina, Bénin, Côte d’ivoire, Guinée, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Togo et le Ghana qui vient d’y adhérer.