levgen
20/06/2005, 09h12
Traite des enfants : La Guinée et le Mali font front pour la bouter hors de leurs frontières.
Aujourd’hui, plus d’un million deux cent mille enfants dont deux cent mille en Afrique, souffrent de traite à des fins d’exploitation de
leur travail dans le monde. Un consensus mondial s’est réalisé afin d’éliminer les pires formes du travail des enfants. C’est dans ce cadre que le Mali, s’inspirant de ses accords
bilatéraux avec la Côte d’Ivoire, le Burkina et le Sénégal en matière de lutte contre la traite transfrontalière des enfants, a jugé nécessaire
d’en faire autant avec la Guinée.
A cet effet, une signature de protocole d’accord sur cette forme de traite « ignoble », a été conclu entre la Guinée et le Mali le vendredi 16 juin dernier au réceptif hôtelier Riviera Royal à Conakry aux environs de 16 heures. Ce, à la suite d’un travail de 3 jours (du 13 au 16 juin) par des experts guinéens et maliens.
Pour le lancement de la cérémonie de signature, l’ambiance était cordiale et détendue. La ministre Hadja Mariama Aribot des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance en compagnie de son homologue du Commerce, de l’Ambassadeur du Mali en Guinée, des représentants du Bureau International du Travail (BIT) et de
l’UNICEF en Guinée et les Députés Juniors ont répondu à l’appel des organisateurs (MASPFE et BIT).
Durant cette signature de protocole d’accord entre deux pays qu’on qualifie de « deux poumons dans un même corps », plusieurs discours ont été prononcés. Il faut également écorcher la mauvaise organisation de la rencontre.
M. Issa Traoré, conseiller juridique du ministère malien des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, dans sa présentation du document de base a remarqué que: « c’est pour répondre à un impératif que cette réunion est organisée. Car aucun pays, aucune institution ou organisation nationale ou internationale ne peut seul, s’attaquer au phénomène de lutte contre la traite des enfants. Pour être efficace, cette lutte exige la promotion d’un partenariat fort et durable tant au plan national, bilatéral que régional et tout particulièrement sur le plan juridique. »
Dans son allocution de circonstance, Mr Marcel Rudasingwa, représentant de l’UNICEF en Guinée, s’est longuement penché sur le phénomène de la traite des génitrices : « Respectons nos devoirs et droits au bénéfice des enfants. Nous voulons que les gouvernants s’étendent dans l’avenir sur la traite des autres couches de la société, surtout celle des femmes. »
Ainsi, tour à tour, Mr Michel Grégoire, conseiller technique principal du bureau sous régional de l’OIT (Organisation International du Travail) pour le Sahel, et autres se sont axés dans leurs discours sur le bien fondé de la dite signature d’accord.
Quant à la ministre guinéen des Affaires Sociales, Mme Aribot est revenue dans son intervention sur l’historique de cet accord avant de donner son point de vue par rapport à la situation qui prévaut dans le cadre du travail des enfants.
« Au mois de décembre dernier, nous avons pris contact avec nos amis maliens pour faire quelque chose dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants. De nos jours, les chiffres sont clairs. Plus de 150 millions d’enfants souffrent de la traite dans le monde. Selon une étude récente, 7 à 14 ans représentent l’intervalle d’âge des enfants qui travaillent sur le marché de l’emploi informel. Le présent accord est le fruit du travail des experts maliens et guinéens et de la société civile. La place des enfants doit être à l’école et non dans les mines, les rues, les lieux de prostitution et non plus un refuge dans la drogue, … »
A peine la fin de cette kyrielle de discours, la signature du protocole d’accord a eu lieu entre la ministre Hadja Mariama Aribot côté guinéen et l’Ambassadeur du Mali en Guinée Hammadoun Issébéré, représentant la ministre malien des Affaires Sociales du Mali.
Pour agrémenter l’événement, l’artiste Marie Reine Houémou, dans un passage éclair a chanté le titre ‘’Nous sommes des enfants’’ tiré de son album « la voix des sans voix ». Ce qui a de plus fait penser l’assistance à la protection des cheveux blonds. Et à Mr Michel Grégoire de l’OIT (Organisation International du Travail) de dire que : « Nul n’a le droit de laisser le destin de milliers d’enfants évoluer vers leur propre anéantissement. Un enfant est un enfant. Ce qui lui est dû, ce n’est pas de faire de lui l’objet d’un trafic ou de le maltraiter. » La prise de photos de famille, une conférence de presse « boycottée et boudée par la presse » et un cocktail ont marqué la fin de la cérémonie.
Rappelons que la dite signature s’est faite à une date mémorable et symbolique. Car, le 16 juin représente la journée de l’enfant africain. Date à laquelle en 1976, près d’un millier de marmots sud africains sont tombés sous les balles du système égoïste de l’Apartheid. Pour la simple raison qu’ils manifestèrent contre l’enseignement dans la langue « Afrikaner ». Une répression policière sanglante connu sous le nom de « massacre de Soweto ».
Espérons que cette signature aura un écho retentissant. Car, en Guinée, on a l’habitude de fouler au pied les protocoles d’accord dès après leur signature. Pour la plupart, aucun mécanisme fiable n’est mis en place pour un suivi digne de ce nom.
En tout cas, toutes les composantes de la société doivent s’y mettre pour que ce fléau qui gangrène les familles soit un souvenir.
Recommandations des experts
Faciliter la mise en œuvre du plan de suivi annuel 2005-2006 de l’accord de coopération entre la Guinée et le Mali en matière de lutte contre la traite des enfants.
Appuyer la participation des membres de la commission permanente et suivi (CPS) et celle des membres des commissions nationales de suivi (CNS) aux différentes réunions et rencontres internationales ou nationales sur la traite des enfants.
Tenir à la période prévue (juin 2006), la première rencontre de la commission permanente de suivi de l’accord Guinée-Mali.
Poursuivre les négociations avec les partenaires techniques et financiers pour développer des programmes et projets de lutte contre la traite des enfants.
Assurer une large diffusion du présent accord de coopération.
De façon spécifique, la Guinée sollicite le Bureau International du Travail (BIT) pour la mise en place d’un Programme National de Lutte contre le Travail des Enfants et en particulier un Projet de Lutte contre la Traite des Enfants en plus du Programme WACAP.
Sanassa Camara
Conakry, Guinée
source : http://www.boubah.com/article/article.asp?num=862&cat=4
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Aujourd’hui, plus d’un million deux cent mille enfants dont deux cent mille en Afrique, souffrent de traite à des fins d’exploitation de
leur travail dans le monde. Un consensus mondial s’est réalisé afin d’éliminer les pires formes du travail des enfants. C’est dans ce cadre que le Mali, s’inspirant de ses accords
bilatéraux avec la Côte d’Ivoire, le Burkina et le Sénégal en matière de lutte contre la traite transfrontalière des enfants, a jugé nécessaire
d’en faire autant avec la Guinée.
A cet effet, une signature de protocole d’accord sur cette forme de traite « ignoble », a été conclu entre la Guinée et le Mali le vendredi 16 juin dernier au réceptif hôtelier Riviera Royal à Conakry aux environs de 16 heures. Ce, à la suite d’un travail de 3 jours (du 13 au 16 juin) par des experts guinéens et maliens.
Pour le lancement de la cérémonie de signature, l’ambiance était cordiale et détendue. La ministre Hadja Mariama Aribot des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance en compagnie de son homologue du Commerce, de l’Ambassadeur du Mali en Guinée, des représentants du Bureau International du Travail (BIT) et de
l’UNICEF en Guinée et les Députés Juniors ont répondu à l’appel des organisateurs (MASPFE et BIT).
Durant cette signature de protocole d’accord entre deux pays qu’on qualifie de « deux poumons dans un même corps », plusieurs discours ont été prononcés. Il faut également écorcher la mauvaise organisation de la rencontre.
M. Issa Traoré, conseiller juridique du ministère malien des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, dans sa présentation du document de base a remarqué que: « c’est pour répondre à un impératif que cette réunion est organisée. Car aucun pays, aucune institution ou organisation nationale ou internationale ne peut seul, s’attaquer au phénomène de lutte contre la traite des enfants. Pour être efficace, cette lutte exige la promotion d’un partenariat fort et durable tant au plan national, bilatéral que régional et tout particulièrement sur le plan juridique. »
Dans son allocution de circonstance, Mr Marcel Rudasingwa, représentant de l’UNICEF en Guinée, s’est longuement penché sur le phénomène de la traite des génitrices : « Respectons nos devoirs et droits au bénéfice des enfants. Nous voulons que les gouvernants s’étendent dans l’avenir sur la traite des autres couches de la société, surtout celle des femmes. »
Ainsi, tour à tour, Mr Michel Grégoire, conseiller technique principal du bureau sous régional de l’OIT (Organisation International du Travail) pour le Sahel, et autres se sont axés dans leurs discours sur le bien fondé de la dite signature d’accord.
Quant à la ministre guinéen des Affaires Sociales, Mme Aribot est revenue dans son intervention sur l’historique de cet accord avant de donner son point de vue par rapport à la situation qui prévaut dans le cadre du travail des enfants.
« Au mois de décembre dernier, nous avons pris contact avec nos amis maliens pour faire quelque chose dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants. De nos jours, les chiffres sont clairs. Plus de 150 millions d’enfants souffrent de la traite dans le monde. Selon une étude récente, 7 à 14 ans représentent l’intervalle d’âge des enfants qui travaillent sur le marché de l’emploi informel. Le présent accord est le fruit du travail des experts maliens et guinéens et de la société civile. La place des enfants doit être à l’école et non dans les mines, les rues, les lieux de prostitution et non plus un refuge dans la drogue, … »
A peine la fin de cette kyrielle de discours, la signature du protocole d’accord a eu lieu entre la ministre Hadja Mariama Aribot côté guinéen et l’Ambassadeur du Mali en Guinée Hammadoun Issébéré, représentant la ministre malien des Affaires Sociales du Mali.
Pour agrémenter l’événement, l’artiste Marie Reine Houémou, dans un passage éclair a chanté le titre ‘’Nous sommes des enfants’’ tiré de son album « la voix des sans voix ». Ce qui a de plus fait penser l’assistance à la protection des cheveux blonds. Et à Mr Michel Grégoire de l’OIT (Organisation International du Travail) de dire que : « Nul n’a le droit de laisser le destin de milliers d’enfants évoluer vers leur propre anéantissement. Un enfant est un enfant. Ce qui lui est dû, ce n’est pas de faire de lui l’objet d’un trafic ou de le maltraiter. » La prise de photos de famille, une conférence de presse « boycottée et boudée par la presse » et un cocktail ont marqué la fin de la cérémonie.
Rappelons que la dite signature s’est faite à une date mémorable et symbolique. Car, le 16 juin représente la journée de l’enfant africain. Date à laquelle en 1976, près d’un millier de marmots sud africains sont tombés sous les balles du système égoïste de l’Apartheid. Pour la simple raison qu’ils manifestèrent contre l’enseignement dans la langue « Afrikaner ». Une répression policière sanglante connu sous le nom de « massacre de Soweto ».
Espérons que cette signature aura un écho retentissant. Car, en Guinée, on a l’habitude de fouler au pied les protocoles d’accord dès après leur signature. Pour la plupart, aucun mécanisme fiable n’est mis en place pour un suivi digne de ce nom.
En tout cas, toutes les composantes de la société doivent s’y mettre pour que ce fléau qui gangrène les familles soit un souvenir.
Recommandations des experts
Faciliter la mise en œuvre du plan de suivi annuel 2005-2006 de l’accord de coopération entre la Guinée et le Mali en matière de lutte contre la traite des enfants.
Appuyer la participation des membres de la commission permanente et suivi (CPS) et celle des membres des commissions nationales de suivi (CNS) aux différentes réunions et rencontres internationales ou nationales sur la traite des enfants.
Tenir à la période prévue (juin 2006), la première rencontre de la commission permanente de suivi de l’accord Guinée-Mali.
Poursuivre les négociations avec les partenaires techniques et financiers pour développer des programmes et projets de lutte contre la traite des enfants.
Assurer une large diffusion du présent accord de coopération.
De façon spécifique, la Guinée sollicite le Bureau International du Travail (BIT) pour la mise en place d’un Programme National de Lutte contre le Travail des Enfants et en particulier un Projet de Lutte contre la Traite des Enfants en plus du Programme WACAP.
Sanassa Camara
Conakry, Guinée
source : http://www.boubah.com/article/article.asp?num=862&cat=4
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