La crise financière de 2008 est annoncée comme la plus grave de son espèce depuis la Grande Dépression des années 30 et 40. Mais que signifie-t-elle concrètement pour les enfants ?
La perspective de récession a un impact à travers le spectre des Droits de l'Enfant. C’est ce qu’a démontré une étude de l’UNICEF conduite en 1984 pendant la Récession Mondiale du début des années 80, menée dans des pays aussi divers que le Brésil, l’Inde, la Tanzanie ou encore certaines parties de l’Italie ou des USA. Cette étude a mis en lumière aussi bien l’affaiblissement des efforts fournis pour baisser le taux de mortalité infantile dû à la réduction des dépenses sociales (Chili), que l’élévation du taux de mortalité infantile (USA), ou encore l’augmentation du nombre de nouveaux nés d'un poids insuffisant (Brésil).
Les régimes alimentaires des petits budgets en effet pâtissent fortement de la crise. Si les familles n’ont pas la possibilité d’acheter une alimentation contenant un nombre suffisant de calories (sans parler de produits alimentaires diversifiés), la malnutrition aigüe et la famine deviennent réalité. Quant aux coûts de la santé, ils peuvent même être, dans certains cas, un obstacle aux soins. En ce qui concerne la santé mentale des enfants, les psychologues expliquent que ceux-ci, et cela quel que soit leur âge, ont le besoin d’être rassurés sur le fait qu’ils sont en sécurité et ne doivent en aucun cas porter sur leurs épaules les soucis familiaux. On imagine aisément le surcroît de pression qui peut les atteindre en période de crise… Plus inattendu est la problématique des jouets. A titre d’exemple, en Russie, les experts ont conseillé aux parents de résister à la tentation d'acheter des jouets bon marchés à leurs enfants pendant la privation économique. En effet, des tests de sécurité effectués, ont prouvé qu’un cinquième de ces derniers, provenant de marchés en plein air, présentait des risques pour la santé des enfants.
Dans un registre encore plus dramatique, la relation entre pauvreté et maltraitance des enfants a déjà été mise en évidence, notamment dans un rapport du Parlement Européen sur la question. En Floride on a récemment fait état de violences dont ont été victimes des enfants en raison de la pression financière. "Durant les trois derniers mois – raconte une puéricultrice américaine - j'ai vu de plus en plus de cas dans lesquels des enfants ont été malmenés". En Australie également, l’augmentation des violences familiales a été en grande partie attribuée à la situation économique. Enfin, une alternative bien connue à la réduction des dépenses est de tenter d’augmenter ses revenus, ce qui peut pousser les plus pauvres à avoir recours à des moyens extrêmes. Par exemple en arrêtant de scolariser les enfants et en favorisant très largement leur mise au travail, voire même en les exploitant sexuellement.
Lutter pour les droits de l’enfant malgré tous ces défis est notre devoir…
Sources : Child Rights Information Network
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