Editorial, par Alba Reina Duran*, 12 octobre 2017

17 09 delegation somalieDurant la deuxième semaine de septembre, l’Institut international des droits de l’enfant (IDE) a eu l’opportunité d’accueillir une nouvelle délégation de Somalie, faisant suite à la Journée de réflexion sur les droits de l’enfant en Somalie du 7 novembre 2016. Un groupe de membres de la société somalienne a visité quelques unes des organisations internationales et nationales à Genève, Berne et Sion, qui traitent de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) de 1989.

Le groupe était composé de membres du Gouvernement fédéral de Somalie, d’enseignants mais aussi d’acteurs non-étatiques comme une étudiante et un journaliste. Leur pays ayant ratifié la CDE en 2015, ils ont bénéficié de réunions, de visites et de cours pragmatiques organisés par l’IDE dans le but de les aider à rédiger un rapport alternatif et à avoir un impact sur la rédaction du rapport principal que le nouvel Etat partie devra soumettre au Comité des droits de l’enfant à la fin de cette année.

Dans ce rapport, le gouvernement doit rendre compte des avancées mais aussi des défis à relever quant à la mise en œuvre de la CDE. Parmi ces défis, malgré la ratification de la Convention de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, il reste que la Somalie n’a pas encore ratifié le Protocole facultatif de la CDE concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

Un autre défi, dans un pays où des enfants sont impliqués dans des groupes armés et où le système éducatif reste encore peu défini, malgré les initiatives de l’UNICEF entre autres, est que les enfants se tournent vers les dugsi (écoles coraniques) ou vers des systèmes d’éducation informelle familiale. Le manque de ressources éducatives centralisées implique dans certains cas une activité professionnelle mettant en péril le développement de l’enfant et son intégrité.

Dans un contexte de radicalisation politique des personnes vulnérables, il est en outre essentiel de considérer que plus de 50% de la population somalienne est âgée de moins de 30 ans, ce qui doit remuer les consciences internationales quant à la gestion de la jeunesse. Les enfants somaliens doivent impérativement être considérés comme des sujets de droits. Faire entendre leur voix et faire valoir leur intérêt supérieur reste un défi majeur et pour l’atteindre, il faut mettre en place des outils car l’empowerment de la fraction majoritaire de la population est une base nécessaire à la mise en œuvre effective de la CDE. L’IDE travaille actuellement sur des projets à long terme, dans ces buts-là.

A travers ces rencontres, l’IDE a constaté qu’il faut prendre en compte la complexité de la réalité du terrain et la difficulté d’accès à l’information sur la Somalie à distance. Par ailleurs, il ne s’agit pas pour l’IDE d’imposer aux participants une vision de l’éducation formelle comme solution à la situation de crise de leur pays. Toutefois, les formations des professionnels qui ont pu être proposées par le GCSP dans le cadre d'une des visites montrent bien que les problèmes de peace building and security affectent premièrement les enfants et qu’ils doivent être endossés par les adultes, dans un premier temps.

Ainsi, les défis de sécurité cohabitent à l’évidence avec ceux relatifs à la formation. L’IDE s’engage donc à avoir un impact et à bâtir des ponts avec la Somalie, dans le but de favoriser l’accès à la formation aux droits de l’enfant, conjointement à RAJO, association basée à Sion œuvrant pour le développement et l’éducation en Somalie.

*Alba Reina Duran effectue un stage à l'IDE dans le cadre du Master interdisciplinaire en droits de l'enfant (MIDE).

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