La Fondation Sarah Oberson lance une campagne d'information dans les écoles du Valais romand. Objectif : prévenir et agir face à l'enlèvement d'enfants, mais aussi et surtout rassurer les parents.

Le 25 mai de nombreux pays se souviennent des enfants disparus. Lisez l'éditorial de Clara Balestra, de la Fondation Sarah Oberson.

Intervention de Philip D. Jaffé, à la Soirée Sarah Oberson 2013: «De Lucie à Marie: du risque zéro à l'obligation de réinsertion»

Par Clara Balestra

Il existe un nombre restreint de personnes ayant commis des actes graves, comme le viol ou le meurtre, qui ne peuvent être mises en liberté car elles constituent un danger permanent pour la société. Depuis 30 ans, la question reste la même : comment les identifier ? Les connaissances scientifiques dans ce domaine avancent, tout comme la pratique; cette dernière cependant bien plus lentement.

Le consensus scientifique actuel favorise une évaluation clinique complétée par une évaluation actuarielle (statistique) de la dangerosité d'un détenu. L'évaluation clinique doit être effectuée par un expert qualifié, c'est-à-dire formé durant plusieurs années dans la pratique du système pénitencier et sous une constante supervision.

La dimension actuarielle de l'évaluation est basée sur de grandes recherches scientifiques qui ont mis en valeur certains critères qui semblent influencer la dangerosité d'un détenu. Des questionnaires préétabli (ex. DRAG, HCR 20, PCLR) prennent en compte jusqu'à 150 critères. Ils établissent un score qui est un indice de probabilité de la dangerosité du détenu.

En Suisse romande, la combinaison de la clinique et de l'emploi de la statistique est de plus en plus fréquente. La clinique reste par contre prépondérante en Suisse et le manque d'experts qualifiés se ressent.

Toutefois, la décision de libération n'est pas seulement une question de clinique ou de statistique. Elle est aussi fondée sur un consensus social. Les psychiatres peuvent contribuer significativement à déterminer des personnes dont la dangerosité reste élevée, mais ils ne sont pas seuls. Nombreux sont les personnes et les corps de métier qui participent à cette décision. Selon M. Jaffé, en Suisse, la chaîne décisionnelle tout comme son organisation et les dispositions légales qui la régissent sont parfois dysfonctionnels et devraient faire l'objet d'une remise à niveau.

L'évolution récente aux USA et au Canada est de ne pas se concentrer uniquement sur la dangerosité de la personne. On travaille également sur la gestion du risque, c'est-à-dire l'évaluation de la structure qui entourera le condamné en dehors de l'institution pénitentiaire. Une équipe interdisciplinaire travaille à ce sujet sous la conduite d'un chef de projet expérimenté.

Pour conclure, il est important de préciser que la suppression de la libération conditionnelle ou toute autre forme de libération anticipée n'est pas une violation des libertés individuelles du détenu, mais seulement la fin d'un privilège chez une personne condamnée à une peine privative de liberté par un tribunal légitime. Le fardeau de la preuve du bon comportement incombe ainsi au détenu.

NB: L'article ne reflète pas forcément les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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