Les 6 et 7 mai derniers se sont déroulés à Brnò (République tchèque), deux jours de conférence placés sous l'égide du Sous-Projet PF134 développé en étroite collaboration entre l'ONG tchèque Ceskò-britska o.p.s et l'Institut international des droits de l'enfant (IDE), avec l'aide bienvenue de la Confédération helvétique, pour débattre des questions importantes des droits de l'enfant, dès lors que des décisions de protection doivent être prises.

Brnomay2014

L'objectif du Sous-Projet PF134 est de questionner la nécessité parfois peu indiquée pour les autorités de protection sociale d'avoir recours à la mesure de l'institution résidentielle pour les enfants en situation difficile et d'examiner les grands standards internationaux qui régissent les placements, en particulier la Convention relative aux droits de l'enfant, les Lignes directrices pour les enfants privés de leur environnement familial et les standards appelés « Quality for Children ». Les étapes précédentes de ce sous-projet ont consisté en l'examen des bases légales internationales, une visite d'institution en Suisse (février 2014), la production de matériel didactique et notamment la conférence de mai sous le titre « Participation et approche coopérative dans le travail avec les enfants à risque et leurs familles ».

MM Rolf Widmer, Directeur de la Fondation suisse du Service social international et Jean Zermatten, Directeur de l'IDE, ont animé, comme experts invités, les deux jours de débat tenus au Museum of Romani culture à Brnò, en présentant des exposés notamment sur l'approche participative (basée sur l'art. 12 CDE) dans toutes formes d'intervention de protection, y compris les placements, et le rôle et les fonctions du droit de chaque enfant à voir son intérêt supérieur être évalué et pris en compte sérieusement (art. 3 al. 1 CDE). Ils ont également animé des ateliers sur des cas pratiques qui se posent aux professionnels, largement représentés à ce colloque.

Une des grandes questions est celle de considérer le placement véritablement comme solution du dernier recours, dans des conditions de respect des garanties procédurales reconnues aux enfants et à leur famille et de privilégier, chaque fois que cela est possible, des alternatives au placement basées sur des approches de type placement familial. Mais ces décisions doivent aussi respecter des critères de qualité.

La question de l'intérêt supérieur de l'enfant doit donc être au centre de toutes les décisions et les éléments à prendre en compte ne sont pas listés exhaustivement, mais sont basés sur les recommandations du Comité des droits de l'enfant dans son Observation générale no 14 et commencent par prendre en compte l'opinion de l'enfant. Faire participer sa famille, chaque fois que cela est possible, indiqué et opportun, est aussi une exigence non seulement de respect des droits, mais aussi d'efficacité de la mesure (il y a certes des situations ou cela n'est pas possible, car intérêt de l'enfant et intérêt des parents ne coïncident pas toujours).

Une question importante est également celle de la représentation de l'opinion de l'enfant, du rôle de l'avocat ou du spécialiste (psychologue, voire psychiatre).

Au terme de ces deux journées, l'excellente collaboration entre les institutions tchèques et suisses a été soulignée et montrée comme un exemple de bonne pratique.

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Galerie photo de ces deux journées.