Editorial, par Diana Volonakis, 5 octobre 2017

etats unisEn 2001, le projet législatif pour le développement, l’assistance, et l’éducation pour mineur-e-s étranger-ère-s (DREAM Act) est présenté au Sénat américain. Plusieurs fois rejeté, le projet vise à réformer le système d’immigration américain afin de permettre aux personnes arrivées sur le territoire pendant l’enfance de demeurer temporairement dans le pays, de poursuivre leur éducation, et d’accéder au marché du travail légal.

En 2012, au début de son second mandat, Barack Obama introduit par voie de décret présidentiel le programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals). Le programme adopte une approche pragmatique et nuancée de la politique d’immigration, appelant les autorités à soutenir le développement des jeunes immigré-e-s aux situations irrégulières, dont la présence sur le territoire représente à la fois un faible risque pour la sécurité nationale et une opportunité de croissance économique nationale. Le programme étend une protection de 2 ans renouvelable contre la déportation à des individus répondant notamment à un ensemble de critères:

  • Moins de 31 ans en 2012
  • Résidence continue aux USA depuis le 15 juin 2007
  • Arrivé-e aux USA avant l’âge de 16 ans
  • Absence d’antécédents judiciaires
  • Enrôlé-e dans un programme d’éducation supérieure ou militaire

Selon une étude menée par le Département de la sécurité intérieure, la majorité des requérant-e-s DACA sont originaires du Mexique. Suivent ensuite le Salvador et le Guatemala. Sont également requérant-e-s plusieurs milliers d’individus issus de l’Asie, notamment de la Corée du Sud et des Philippines. La majorité des requérant-e-s DACA résident en Californie, suivie du Texas, de New York, de l’Illinois et de la Floride. Les DREAMers constituent un group organisé et vocal, dont les mobilisations civiles et les activités politiques ont largement contribué à l’élaboration des protections dont sont pourvues les personnes élevées et éduquées aux Etats-Unis, qui se conçoivent Américaines en tous aspects sauf légal.

Depuis 2012 la communauté scientifique américaine constate une augmentation de la participation au marché du travail et des revenus des personnes enrôlées dans le programme DACA, ainsi qu’une réduction du nombre des ménages issus de l’immigration vivant dans une situation de pauvreté. Malgré ces constats, le 5 Septembre 2017, Donald Trump annonce la suppression progressive du programme.

Depuis, 800'000 requérant-e-s, leurs familles et réseaux de soutien font face à l’incertitude, ils dénoncent, manifestent et pétitionnent. La politique migratoire juvénile, partiellement régulée grâce à DACA, est à nouveau le terrain de lutte où se disputent des conceptions politiques et économiques nativistes et inclusives. Du point de vue moral et économique, la décision de Trump est insensée. Politiquement, l’action trahit l’insécurité d’un leader dont le parti l’abandonne.

Pour plus d’informations sur les effets et enjeux liés au programme DACA aux Etats-Unis, visitez: https://www.americanprogress.org/issues/immigration/news/2017/08/28/437956/daca-recipients-economic-educational-gains-continue-grow/.

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Photo: sylvain.collet, flickr/cc

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