Editorial, par Bertin Masansa Ma-Nkemba*, 20 juillet 2017

Tshimba Dusolu, garçon de 11 ans, Kawolu Mpamba, Victor Kasanda, garçons de 13 ans et Marthe Bumba, fille de 12 ans (leurs noms ont été changés), figurent parmi les centaines d'enfants jadis exploités dans les carrières minières de la localité de Kabanda, Groupement de Musefu, dans la zone de santé de Masuika, territoire de Luiza, au Kasaï central. Pour rappel, un conflit de pouvoir coutumier au Groupement de Kamuina Nsapu dans le territoire de Dibaya a donné naissance à un soulèvement violent dirigé par la Milice qui s’attaque aux forces de l’ordre et au symbole de l’Etat depuis le 8 août 2016. La crise s’est étendue à tous les territoires de l'espace Kasai, avec une montée de conflit qui s’est traduite par des affrontements violents entre les forces de l’ordre (FARDC et PNC) et les éléments de la Milice, avec comme conséquence les actes de violence enregistrés à l’égard des populations civiles de la part de toutes les parties au conflit, entraînant le déplacement massif de plus de 1.300.000 personnes.

Mobilisés dans les carrières minières de Kabanda/Musefu, Mbangu, Kayembe, etc., nombreux sont les enfants à être incorporés par ruse dans les troupes combattantes comme miliciens, sans savoir à quel risque de trop ils s'exposent. Ces infortunés ayant subi un rite initiatique après leur recrutement sont souvent placés à l'avant-plan des troupes. Dupes et victimes de promesses fallacieuses, ils ont cultivé l'idée de force et d'invulnérabilité inspirée par la pratique magico-religieuse pour renverser la crainte traditionnelle que l'on avait de l'homme en arme.

A ce jour, malgré l'accalmie observée de-ci de-là et la renonciation/reddition de certains éléments de la milice dans certaines localités, le règne de l'arbitraire demeure encore dans certaines zones rurales, surtout les zones minières. C'est le cas des localités minières de Kabanda/Musefu, Kayembe/Mata, Bana Ba Ntumba, Bakamba, Nsumbula, Diboko, Mutena, Kamuesha, Kamabanji, Bonkala, Luebo, etc., zones de convergence où l'on enregistre encore des foyers de miliciens qui tuent et pillent la population civile. En raison de leur présence massive dans ces milieux, les carrières minières sont devenues des pépinières de prolifération des enfants miliciens. Ceci s'explique par leur mode de vie, la présence massive de population juvénile non encadrée et la concentration des délinquants dans ces localités minières où l'insécurité sévit encore.

Ainsi, les associations membres du réseau Forum intercommunautaire pour le social et la paix «Réseau ForS-Pax», lancent un SOS en direction des autorités gouvernementales et des humanitaires œuvrant dans la région pour solliciter une attention particulière à cette problématique aux conséquences présentes et futures désastreuses.

*Fait à Kananga, province du Kasaï Central, le 10 juillet 2017. Pour les organisations du Réseau ForS-Pax: Bertin MASANSA MA-NKEMBA, Directeur exécutif. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

Photo de la page d'accueil: Benoît Gaborit, creative commons

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