Institut international des droits de l'enfant  

 

Centre interfacultaire en droits de l'enfant  

Tdh helping children worldwide

 

 

Séminaire international 2017

 

Nutrition, santé et droits de l'enfant

 

Sion, 9-11 octobre 2017

 Inscriptions ouvertes!

Editorial, par Daniel Stoecklin, 9 juin 2017

ordre divinLe droit de vote des femmes n’a été acquis en Suisse qu’en 1971. Comment est-il possible que la Suisse ait eu un tel retard sur ses voisins? Comment explique-t-on cette pérennité d’une vision infantilisante de la femme? Et qu’est-ce que cela nous dit à propos des droits de l’enfant?

Le film «L’ordre divin» (2017) de Petra Volpe, qui sort actuellement sur les écrans, retrace avec un très beau dosage de drame et d’humour l’histoire de cette lutte telle qu’elle a pu être vécue dans un village d’Appenzell. Comme le suggère Théo Metais dans sa critique: «L’ordre divin n’est pas que le récit d’une guérilla contre l’oligarchie des hommes mais plus largement, une allégorie du "Connais-toi toi-même" socratique qui assigne aux êtres de devoir prendre conscience de leur propre mesure».

Une piste de réflexion est ici ouverte: celle du lien entre culture (de soi) et démocratie. Là où la première est favorisée, se déploie aussi une vision différenciée de soi et donc du monde. On pourrait ainsi postuler que les règles de fonctionnement de la démocratie sont le reflet de règles plus profondes permettant la connaissance de soi.

On peut alors établir des correspondances intéressantes:

suffrage féminin

Il a fallu s’écouter davantage (sentiments plus différenciés) pour sortir du point de vue patriarcal sur la place des femmes. Le même processus est à l’œuvre en ce qui concerne les enfants. La Convention des droits de l’enfant (1989) reflète une différenciation plus grande de la réflexivité des adultes, qui, en intégrant une vision plus complète de l’enfance, notamment à travers les découvertes scientifiques, ont envisagé que les enfants pouvaient exercer des droits similaires, mais aussi des droits spéciaux en vertu de leur situation particulière.

Les enfants n’ont pas (encore) le droit de vote, mais on tend à abaisser les limites d’âge. La place accordée historiquement aux femmes et celle accordée aux enfants sont liées à la diversification des points de vues. L’écoute des enfants, dans toutes les situations qu’ils peuvent vivre, est finalement une écoute de soi et le meilleur moyen de promouvoir les droits humains.

Photo: www.goettlicheordnung.ch

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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