Editorial, par Josias Agua Rosada, 24 mai 2017

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Le 20 janvier 2015 la Somalie annonçait au monde sa volonté d’avancer en ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Plus d’un an après cet engagement, l’IDE et l’association RAJO, organisme suisse œuvrant en Somalie depuis 2010 organisaient conjointement une Journée de réflexion sur les droits de l’enfant en Somalie. Ainsi le 7 novembre, à Sion, des membres du gouvernement somalien, de la diaspora ainsi que la société civile s'étaient rencontrés en vue de la présentation du premier rapport de la Somalie au Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Cette journée avait permis de définir les besoins des enfants sur place et les besoins en formation, un premier pas vers la reconstruction.

Aujourd’hui elle fait face aux côtés du Yémen, du Soudan du Sud et du Nigeria à ce que l’on nomme la «plus grave crise humanitaire depuis 1945» (Stephen O’Brien, chef des opérations humanitaires de l’ONU, mars 2017). En effet, la sécheresse touchant ces pays déjà déchirés par les conflits armés n’est pas à prendre à la légère et la menace de la famine rappelle le triste épisode de 2011 . Néanmoins, malgré le poids de cette situation un énorme mouvement de solidarité peut être observé de la part des somaliens entre eux et de la population mondiale selon Mahamed Abdi, Vice-président de l’association RAJO.

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Malgré l’absence de précipitations en pleine saison des pluies et la nécessité d’aide d’urgence qui en découle, la Somalie ne baisse pas les bras concernant la problématique des droits de l’enfant. Suite à la rencontre de novembre 2016, un groupe de travail composé de membres de l’Etat, de la société civile ainsi que du milieu académique s’est formé afin d’élaborer des propositions concernant la mise en œuvre de la CDE. La Somalie réaffirme ainsi sa détermination à appliquer de manière concrète les droits de l’enfant dans un pays où plus de 50% de la population est âgée de moins de 18 ans. Malheureusement, peu nombreux sont les organismes étrangers en dehors de l’Association RAJO et de l’IDE à s’investir dans ce processus. Le pessimisme flagrant dont fait preuve la communauté internationale est à déplorer dans une situation où toute aide est non-négligeable.

Si pour l’instant la lutte contre la faim est la priorité, la Somalie ne doit pas pour autant délaisser le travail au long terme dont elle a posé les fondations en 2015. Bien que la situation soit critique, l’espoir demeure et c’est en se projetant vers l’avenir que la Somalie se hissera hors du présent.

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