Editorial, par Sophie Rohrbach et Joëlle Luisier, étudiantes du MIDE

bientraitance institutionsDans les milieux professionnels, la maltraitance institutionnelle semble parfois difficile à aborder. Toutefois, lorsqu'un cas de violence avérée à l'encontre d'enfants pris en charge institutionnellement éclate au grand jour, les réactions sont vives et ne se font pas attendre. Le branle-bas de combat fait rage et le professionnel fautif est montré du doigt. Il se voit désavoué par sa hiérarchie et ses collègue, tandis que les médias s'emparent rapidement de l'affaire pour dresser le tableau d'un être inhumain et froid, ayant trahit au plus haut point son mandat de bienveillance. Néanmoins, peut-on réellement imputer toute la culpabilité au seul professionnel?

Nous proposons ici la levée d'un tabou afin de rétablir un partage des responsabilités entre la faute individuelle et des conditions institutionnelles qui retranchent certains professionnels dans des situations de souffrance où le manque de soutien et de relais finit parfois par se traduire par un regrettable passage à l'acte. A ce sujet une éducatrice spécialisée, travaillant dans une institution pour enfants en situation de handicap, nous a confié: «Je me suis retrouvée au bout de mes forces. Avant d'arriver à la faute professionnelle, parce que je sentais que je pouvais y arriver, j'ai demandé de l'aide à mes supérieurs hiérarchiques [...] Je suis donc allée voir la direction de l'institution. Quand j'ai exposé mon problème et expliqué que je venais chercher de l'aide parce que j'avais besoin de soutien et que j'étais dans une situation où je risquais moi-même d'aller vers la faute professionnelle et que je ne voulais pas en arriver là, le directeur m'a simplement répondu que si mon travail ne me convenait pas je n'avais qu'à démissionner» (témoignage anonyme, 2016).

L’objectif de l’article est de présenter un changement de regard sur cette problématique afin de proposer une critique constructive des fonctionnements institutionnels. Pour ce faire, il s'agit de se mettre en quête de l'enchevêtrement des multiples causes et des dynamiques complexes qui conduisent à de telles extrémités. Ainsi, il est possible de penser en termes d'outils et de stratégies de prévention effectifs et efficaces qui pourraient être développés dans les cadres institutionnels pour assurer l'aide et le relais indispensable au bon fonctionnement d'un travail collectif.

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Photo: Nacho, flickr/creative commons

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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