Editorial, par Bertin Masansa Ma-Nkemba, Directeur exécutif du Réseau ForS-Pax, 3 avril 2017

Kabuya Boni, garçon de 8 ans et Cécile Ntumba, fillette de 10 ans font partie des 14.679 enfants et 4.647 femmes identifiés comme victimes de l’exploitation permanente dans les carrières minières artisanales du Kasaï occidental en République démocratique du Congo (RDC). Soumis à des conditions de travail extrêmement difficiles dans les mines à ciel ouvert comme dans les mines souterraines, ces enfants et femmes sont utilisés dans les opérations d’extraction, circulant dans des galeries étroites où ils inhalent des poussières nocives et des particules dangereuses de plomb ou de mercure. Ils passent de longues heures à transporter de lourdes charges de graviers qu’ils tamisent dans des eaux souvent polluées. Les conséquences présentes et futures de cette situation sont désastreuses pour leur santé, leur sécurité et leur moralité. Ces enfants subissent des violences sexuelles et sont exposés au VIH/SIDA, en regard du taux élevé de prévalence dans ces milieux.

Sur le plan de leur insertion sociale, ces enfants subissent un processus d’éloignement de la cellule familiale et des institutions normalement en charge des enfants, telles que l’école et la famille, favorisant ainsi la délinquance, l’analphabétisme et la toxicomanie.

Si aucune action n'est entreprise dans un avenir proche, ce nombre pourrait augmenter au-delà de 36.000 d'ici l'an 2025.

Le Réseau Forum intercommunautaire pour le Social et pour la paix, "Réseau ForS-Pax" et le CAPSM-ONG sollicitent ainsi votre particulière attention pour une réponse appropriée, afin de s’attaquer à cette problématique.

La guerre en sus

Au moment de publier ces lignes, rédigées fin 2016, le contexte est dominé par la guerre qui se généralise dans toutes les localités des provinces du Kasai central, Kasai et Lomami.

Sur la ville de Kananga dans laquelle nous nous trouvons, du lundi 27 jusqu’au jeudi 30 mars 2017 des affrontements sanglants ont eu lieu pour la énième fois entre les miliciens et les forces de l'ordre, avec beaucoup de pertes en vies humaines. La situation humanitaire, et surtout des enfants, s'empire de jours en jours. Nous restons terrés dans les maisons quand les affrontements commencent. Dans beaucoup de villages les femmes, les enfants et les hommes se sont réfugiés dans des forêts où planent les menaces d’intempéries multiples et de morsures de serpents.

Pour l’heure on ne sait pas dénombrer les pertes en vies humaines, les dégâts matériels etc. Des villages entiers sont incendiés, avec tout à recommencer dans certaines localités. Le réseau vous tiendra informés.

NB: L'éditorial ne reflète pas nécessairement les vues de la direction et de l'équipe IDE.

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Photo de la page d'accueil: Benoît Gaborit, creative commons