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Histoires d'enfants en Valais de 1815 à 2015

Communiqué de presse, 3 juillet 2017

La Suisse et le Sénégal entretiennent des relations étroites dans le domaine des droits de l’homme. Depuis 2011, un dialogue bilatéral sur ces questions a été lancé et est accompagné d’un projet de coopération concrète.

L’Institut international des droits de l’enfant à Sion, l’Ambassade de Suisse au Sénégal, et le Centre de formation judiciaire se sont unis pour la mise en place d’une formation pluridisciplinaire en justice juvénile. Cette formation est destinée aux professionnels provenant de différentes régions du Sénégal et travaillant avec les enfants en danger ou en conflit avec la loi. Ainsi, des magistrats, des éducateurs spécialisés, des avocats, des agents pénitentiaires, des policiers, des gendarmes sont sensibilisés aux problématiques des mineurs qui représentent au Sénégal plus de la moitié de la population. Deux promotions réunissant respectivement des participants de Dakar et Thiès et des participants de Kaolack et Diourbel d’autre part, ont eu lieu de novembre 2012 à mai 2014, et en 2016. La troisième promotion concernera deux nouvelles zones, à savoir Kédougou et Kolda, et débutera le 3 juillet 2017. Chaque formation se déroule sur 4 modules, dont le dernier en Suisse.

Cette formation a pour objectif général l’amélioration de la formation des professionnels en droits de l’enfant et pour objectif particulier la spécialisation en justice des mineurs. Il s’agira aussi de mettre en avant le «travailler-ensemble» pour permettre une meilleure prise en charge et un meilleur suivi de l’enfant. Une attention toute particulière est par ailleurs portée à la formation de formateurs. Après les 4 modules de formation, tous les participants auront acquis les outils nécessaires pour pouvoir former leurs pairs à leur tour.
Si la justice juvénile concerne en premier lieu les enfants en conflit avec la loi, celle-ci doit avoir des égards particuliers envers les enfants victimes et les enfants témoins d’actes criminels.

Tous les pays sont confrontés à des infractions commises par des enfants et des jeunes et à la difficulté d’apporter des réponses appropriées aux questions que ces actes soulèvent: comment éviter la récidive et réussir la réinsertion? Comment prévenir la violence institutionnelle envers les enfants soumis aux procédures judiciaires? Comment favoriser la participation d’un enfant, selon son âge et sa maturité? Comment éviter la stigmatisation de l’enfant en conflit avec la loi? Comment assurer en même temps au mieux la protection du reste de la société?

La justice juvénile, trop longtemps ignorée, doit avoir une place importante dans les réformes du système judiciaire. Elle doit être préventive, protectrice, éducative, restaurative et parfois punitive, dans le seul but d’aider les enfants et les jeunes à se (re)construire en partant sur des bases saines et pas sur une vision dévoyée et dangereuse du monde. Cette exigence nécessite une approche éducative qui garantit des effets durables sur leurs comportements et sur l’initiation aux responsabilités que ces enfants exerceront dans leurs communautés.

Le Sénégal a ratifié toutes les conventions relatives à la protection de l’enfance. En dépit de toutes ces règles que les Etats ont élaborées ensemble, la justice juvénile souffre encore d’importants déficits dans sa mise en œuvre. La présente formation tentera de combler les différentes lacunes et de proposer des outils pour améliorer la prise en charge des enfants en conflit et en contact avec la loi.

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